Au jour le jour 78


Ouvertures fermetures
Sur des cornets de feuilles
Le mot est un mot borgne
Des cycles des serrures dans les maisons closes
Nids pillés où l'on fête  l'an
Dans la maladie d'exister
D’autres s'emmerdent davantage
Les lanternes sont dans au rebut
La terre est une biologie angulaire
Les chiens ont des montres aux poignets
Pour des hormones  redoutables
Rien ne va plus au rêve
Nos mains brûlent
L’air est une commande
Comme un  détail ou comme un verbe
Aucun délai n'est plus sur les avenues
Puis le grand cirque de la vie
Avec ses bandages et ses  animaux morts.

Cornettes pleurs au ciel enneigé
Les nonnes aux multiples chiffres
Sont des poupées sous les harangues
Des filles  au sein trop fin
Ont cousu des émeraudes
À leurs jupons dorés
Sous les froides menaces
Des larmes vénéneuses
Des passants qui sortent des salons de thé
Avec des poissons morts
Dans leur redingote
Demain est une fermeture
Pour des héroïnes de Prisunic
Nous dévorons une littérature
Ravagée de mots insipides
Nos sœurs sont saccagées
Par nos parités et nos droitures
Tous les corps sont crispé après l'eucharistie
Je vais dormir chez une femme aux hymnes
Que les militaires dans leur fauteuil
Reprennent comme des certitudes.

La bavarde colère
Des visages bleuis
Comme la barbe des chèvres blanches
Ne vaut pas ces avortons
Qui voudraient téter les étoiles
Avec des cerfs-volants poudreux
Nous attendons les beaux mariages
Du  revolver et de la fleur
Le revolver est un coquillage
La fleur un corset d'écolière
Corroyée par les mains des bouchers
Demain est bordé d'air croupi
Tremblent les hommes aux poumons mal pommés
Voilà de nouveaux rats
Qui font de la réclame
Avec de l'alcool jusque dans les narines
Trop de volonté nerveuse
Comme une mécanique en tant que  telle  écartelée
Elle  nous met dans le sens
Des terminaisons interdites.

La gravité des incendies
De nos enfances devant les boutiques
N’est plus  d'un doux  roulement
L’amour est dans une hâte injustifiée
L’entendement une maison qui croule
Les heures en grands rideaux
Sont à la face d'un dieu
Bouffeurs d’enfants accusateurs
Les mères mortes bourdonnent encore
Avec des lettres d'adieu
Dans leurs mains jaunies
La paresse  est  patiente
Comme une accusatrice
Aux regards  de ceux qui présents
Voudraient de l'eau dans le désert
On croit entendre
La Sainte-Famille se recueillir
Aux marches de son demi-sommeil
Mais la vie ne sonne plus
Sinon comme une diane
Que des soldats sans nom
Reprennent dans tous les corridors.

Demain dort sur les vertèbres
Des ramiers sont sur le paillasson
L’homme est un interne véreux
Aux charmantes mains
Pleines de fleurs épineuses
Les marchandises n'on plus de dessous
Elles ont des théories assurées
D’amour et de branches honorables
Sous les blanches couvertures
Je les écoute avec mes sens
Mes entrailles poudrées de réglisse
Maigries  serrées et droites
Nul ne pénètre dans ma demeure
Où des microbes d'argent
Sont épinglés sur les horloges
J’avance dans la nasse des jours
Pour une autre constitution
J’oublie que ma contenance
Est trop vaste
Je crève de vous appartenir
Ceci est honorable.