Au jour le jour - 28

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Le silence qui a la qualité d’un excellent doigté de pianiste quand il caresse un clavier doit ceci au cercle et cela au carré. Premièrement il lui doit la mesure exacte de notre âme qu’on rajoute au firmament. Deuxièmement il lui doit l’angle obtus de nos veilles les soirs d’ivresse et de maladie quand nous insultions un dieu de ne pas converger tout entier dans la droiture et les notes.
Prisonniers dans des fonds d’eau rance nous courons dans la vie comme des bêtes anomaliques la ville avec ses milliards de molécules et de roulures se détend dans les mois sur ordonnance les astronomes s’éprennent de moucherons tapis dans le ciel avec son pelage musclé ce qui leur vaut de la tourmente et dans leurs descentes vers les années mortes ils ne retiennent que la pratique des ruines sans épreuve de ne plus tenir aux hommes qui pratiquent l’heurt comme on se sert d’une colonie d’insectes l’abandon m’a rangé dans des couloirs où tout mouvement prend le nom d’une planète éteinte dans ses migrations quand à court terme reviennent les menaces notre enfance avec ses lassos ses tournesols ses quolibets ses poinçons ressemble à un animal qui se déploie du nord au sud en raison d’états seconds c’est ainsi que tous les membres présumés ont des yeux pour des quémandes c’est là aussi qu’on veut oublier tout un peuple d’embouchonnés qui tient à rendre la monnaie hostile et l’au revoir pernicieux nous ces mômes contraires aux missions nous allons vers le centre des bourgs inscrits sur les cartes d’écoliers là les matinées y sont des orchestres de paille des farces de sansonnets et tous nos amis qui ont pris place sur un écran noir sont si sérieux qu’on dirait des pères solennels pris dans des saintes prières…


La matinée est récente c’est pourquoi la maréchaussée glisse sur les trottoirs passant au dessus des quartiers infréquentables là où trois membres du peuple élu ont la permission d’atteindre la pendule placée à gauche d’un baromètre membre d’une saison morte en amont et qui annonçait les seize couleurs du temps la saveur de ce problème dure un mois et notre ère qui collecte les voiles de la taille d’un insecte fou peut annuler toutes les vacations sur simple demande nous manquons tous d’un moi secondaire comparable à la fausseté naturelle d’un monde qui gagne à lâcher la chimie pour s’adonner aux livresques livraisons et bien que dans les maisons sans figure et sans signe chacun se résigne les objets sont tous appliquées à nous monter la limite de l’unité et du lieu bien que les hommes fassent partie de la nuit toute manifestation dans la ténèbre traduit un cinéma où tant vont avec leurs grands parents pour déboucher sur des documentaires qui parlent de monuments antiques de campement sous la neige d’étoiles mortes et de femmes qui marchent sur la tête…


A la trésorerie les amendements sont secs et finissent dans les caniveaux c’est sur les ruines de la cité Saint Martin que des comités ont siégé pour estimer des dessins volants telles des mécaniques célestes qui convoitent les innocences des plaines c’est du moins ce que disent cinq enfants qui ont retrouvé leur famille leur révolution leurs résolutions et ces informations vont droit en haut lieu dans les cours sans semonces sans alphabets gothiques là où Mr Duchamp a assisté au décollage de ses bonhommes de feutre et à celui du fils d’un autre larron que l’on croyait sage tant il devisait sur la rareté des dragées hautes et des sortilèges dans la grande firme mondiale des plus petits qui doit mettre en avant les coloris du ciel le bleu des rades on dit que des cisaillements eurent pour origine de découvrir une bagatelle de vauriens croupissant sous les planches ce fait remarqué on se ruina en interdictions puis vint à l’idée de tous qu’un maître obligataire de service serait mis à la disposition de tous ce premier rôle subversif ne lui déplut pas quant au reste il finit en négatif sur une pellicule qu’on brûla par la suite pour en faire de la pâte à chaussures…


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