Au jour le jour - 26


Les plus sûres
Ont des seins en apparence
Elles sont couchées
Sous les arbres
Elles retiennent leur souffle
Accrochées à cet amour
Que ne corrompt
Aucune image
Aucun blasphème
Elles se relèvent
Elles sont chromées
Toute en effusions
Récitantes des anciens bals
Quand les échansons
Leur servaient
Du tourment et de l’absinthe
Leurs vies sont encore
D’ouverture
Et dans cette corbeille
Que dessinent leur poitrine
Il reste tous les fruits
De nos amours vaincues
Tous les sucs suffisants de nos offenses
De nos affronts
Qu’il tombe encore des mots
De leur lourde panoplie
Et nous voilà comme des chiens
Cachés entre leur sexe.

---------------------------------------------

Aux touches troublantes
Où l’eau rougeoie
Voici à la fois
L’écorce et le tain
La valise et le voyage
Cette lucidité de voir
Quand il faut
Partir le premier
Sans rien tenir en main
Sans rien falsifier
Ni la science soigneuse
De nos habilités
A mentir
A se tenir droit
Ni la pensée
Ferment
D’une douleur idéale
Elles
Elles peuvent se tendre
Casser péter les aubes
Y gronder
Avec leurs sourdes misères
Se mouvoir
Du clocher au campanile
La première qui touche au drapeau
Y enroule sa chevelure
Puis ira par les tribunes
Se cacher en ces lieux
Que n’atteindront plus nos cécités
Nous les chiens larvés
De peu de race
De tant d’audaces obscènes
Avec tous nos hivers
Brisés par leur droiture
Que pourrions nous
Garder retenir d’elles
Si ce n’est cet autre congé
Plus froid que l’environ d’un port
Quand les marins ivres
S’en vont sans un au revoir


Celles qui se vendent
Comme du grésil dévoré
Avec leurs déchirures
Leurs innommables lois
La moitié moite de leurs jambes
Qui s’annoncent
Qui s’aortent
Se ventriculent
Se portent ailleurs
Sans ordre
Désordonnées
Jusqu’à leurs fermetures
Les voici à nos bouches
Avec leur sexe
Et leur condamnation
Leurs demandes ajourées
Comme tous les caractères
Avant qu’ils ne soient banals
Avec toutes leurs décousures
Leurs histoires
Le dieu qu’elles engagent
Pour nous bouffer nos vies
Et qu’elles mettent sous leur robe
Avec lesquelles
Elles font un tabac
Ici là bas ailleurs
Quand elles essuyaient leurs paumes
Au sang de nos désespérances.

-----------------------------------------------------

Le cirque majeur ne fait plus loi et les jeux que d’autres perpétuèrent puent les accès de fièvre à domicile et les abois des chiens abâtardis. Le cirque majeur se requiert aux sources du dormir et doit à présent faire preuve des ses postérieures insomnies.

______________________________________________________

Aux hospices où ses déhanchent des boiteux ahuris pris dans leurs transes, je préfère les asiles sur mesure où chaque grain de folie est d’un chapelet extrême, où toute colère est une idée de dieu, et ce dieu un désenchanté qui roule des fredaines dans la lumière filtrée d’un soupirail.