Au jour le jour - 22



J’ai ramassé un bout de temps ramassis de jalousies de rivalités de trivialités pimpant comme une rigolade une gesticulation rond rouge comme un coquelicot pauvre comme les psychologies j’en ai usé si fortement que m’est venue une fièvre sèche luminescente dans ces tourbillons d’être que pouvais je commettre de détonant d’étonnant sinon quelque tapage diurne que les bons entendeurs ne saluent pas mes voisins voyaient dans mes liquéfactions une injure à leur vertu me rappelèrent le bons sens celui qui est en ligne droite en angles obtus équerres et règles mêlés j’ai beau eu pouffer de rire sourire béatement faire le malin ne m’en tenir qu’à ma chienlit d’espèce je me dégonflais peu à peu restent dans mes panoplies un costume de chevalier blanc un masque de fer de la verroterie une femme qui plaisante dans mon dos et un endroit crasseux pour m’asseoir et douter…

La façon qu’a la pince de dégrossir les pierres froides garantes de toutes nos contrefaçons est d’une complexité exemplaire j’ai vu dans ses mâchoires rouler des graminées du béton armé du laiton du cuivre de l’airain plus ancien que tous nos souvenirs en prosodies de comptines savoureuses des années de puanteur tout ce qui commence par de la charité et finit au point le plus bas de nos efforts objet de convoitise la pince est à elle seule un musée plein de minuties de renforts de gestes augustes de perfections une gloire certaine lui est venue avec les âges et quoi qu’elle mette en pièces quelque motif qu’elle ait de mordre ou de désobéir elle reste toujours une virtualité de faiseuse de poinçons je vous laisse à penser sur la féminité de ses courbes..


Au lendemain des dépositions pressée comme après un effort violent la joie éclate sort de son trou de sa piaule ennuyeuse de sa réserve enfle remplit la ville et jusqu’aux beffrois tout s’anime s’imbibe d’allégresse les étendards on des façons d’air qui rime de canaille aussi elle grossit la foule la nuée de ceux qui s’essoufflent à l’admettre or ni le vent ni la paresse n’en veulent la voici qui se signe et du grand saut qui la déplace de gauche à droite ne subsiste que l’idée d’en élan dans sa descente vers les parties obscures de notre être elle se vêt des odeurs exquises de la noce d’une douce sainteté de plumes odorantes s’affriole d’encens d’éclats de rires à la force des bras nul ne peut la déplacer la soulever l’acquérir et pour dix roupies ou dix pfennigs il parait qu’elle s’est déjà quelques fois mise à poil cela quand l’appréhension et la honte ne lui venaient pas…


Si je me conduisais comme un rétiaire sans noblesse un sicaire sans dépit un diable sans ses serments j’aurais mon instinct bafoué j’aurais à le porter dans une autre religion dans cette escarmouche où aucun ennemi n' est en vue m’est venue l’idée que si je m’emportais moins me portais plus loin peut être aurais je gardé dans le regard cette façon qu’ont certains de voir ceux qui marchent qui oublient qu’ils sont des hommes d’empoignades de saignements et qu’à nouveau mes yeux embrasés observeraient ce qui leur est adressé exposé rien ne m’est apparu neuf depuis et de toutes les magies de tous les sortilèges de tous les océans de larmes  de neiges symbole d’un monde qui se mine en s’animant je garde la froide monotonie puisse l’existence me proposer un nouvel accident afin que j’y figure moins infâme que tous ces adultes gâtés…


Mon dernier amour ressemble à un chiasme singulière figure du dédoublement à bien le regarder c’est heurté insane sot ridicule misérable altier asservi sensuel qu’il est encore aujourd’hui et dans ce lointain repos où il aime mange dort dorlote d’autres que moi tout lui reste savoureux délicat comme plus rien ne me convient je mets mon corps dans les mains de ces filles qui n’en sont pas jalouses belles rotondités exquises énergies qui ont peut être le défaut de parler moins que moi rien ne me dit que cela vaille et pourtant je le fais je fouille dans leur ventre  leur mémoire leur lèche les babines déroulent en elles mes dimanches fuselés que je ne veux plus entretenir elles elles me tapent sur le système la queue posent leur langue là où il faut aux beaux endroits de ma vie et de mon anatomie je regarde alors vers demain plein de honte de désarroi je vais me desserrer d’elles pour ne pas finir entier…