Au jour le jour - 20



Le tournesol au double corps, avec sa vie entretenue de l'aurore à l'écho ,est une autre semence pour un hymne secondaire, le jour qui lui ouvre les mains se perd en cimetières de commencements, et même si la neige tombe en grappes mûres, la tige de ses balanciers a une pierre de touche comme une colline d'inutiles étoiles, c'est de ma tombe natale que me vient le proverbe d'exister, de m'amarrer en des champs pleins d'éparses leçons de choses qui m'initient à ma soif de te reconnaître à nouveau.

Souvent toutes les actions que j’entreprends sont impalpables j’ai beau y mettre de la vigueur de la rigueur les représenter dans la tenue d’un homme de main d’un sbire d’un cornouillard qui va à un entretien rien n’y fait elles restent des actions communes sans intérêt elles se sont  affranchies de la démonstration dans les circonstances qui me voient attaché à me grandir déliées belles rouleuses de mécaniques hautes en teneur de valeur ajoutée mes actions suivent pas à pas l’idée que je me fais d’elles elles marchent la tête droite  haute ne saluent personne regardent d’un côté puis de l’autre se confondent à la masse des agissements elles qui ne sont pas foutues d’assaillir fut ce un crétin infiguré d’écraser un moucheron un derrière  un cafouillis de mots sur un parquet de feutre les voilà qui m’offrent aux regards des vaniteux des arrogants des impudents afin que ma foi en prenne un coup cette foi qui fut un joyau fait de salive de slavité et de la poussière bleutée prise dans l’ennui qui me tient lieu de principauté…

Voyez dans les replis de l’amour combien de sauvagerie de lourdeur du livré et de l’inconsenti toutes les nourritures venues par la grâce retirées dans le dépit dans l’amertume les rémissions les plats froids repassés avec la même fatigue de faire croire que l’avenir est une autre altitude le même faux train distant observatoire où l’on ne voit que des corps touchés de brûlures  voyez les dépens les dispenses mal écrites l’indisponible besoin de se rattraper mais à quoi  à ce qui nous soutenait et qui s’amollit dans les perplexes auscultations voyez aussi toutes ces surfaces où nous glissons comme d’équivoques jouets sans ressort la latéralité qui n’est plus observée les chiffons rougis par d’amers émois le trouble minéral jeté au visage cette économie morale qui puise dans l’ancienne sainteté pour n’en retirer que d’impropres liquidités voyez surtout ce final lorsque les deux absences se confondent en des présences comme des chevaux qui s’emballent et qu’on ne retrouve plus..


Au clair de mes désirs je ne vois rien qui vaille qu’on l’élargisse j’ai fait le tour des couches où l’on parlait peu celui des villes consulaires où la nudité était de mise j’ai vu l’ailleurs et son sale bonheur tiré à quatre épingles les chiens rogneurs de temps sur des canapés turquoises la mer avec ses soubresauts ce qui donne le sentiment du crible et du roulis entendu des messes des entretiens des harangues celles qui mentent de tout et ne s’inclinent devant rien j’ai voulu que mon habileté serve à ne rien dessécher qu’elle remplisse les commodes de lettres de souvenirs que personne ne pâtisse de ma sombre compagnie au clair de mes désirs je n’ai pas été dans ces transports que des aînés me vantaient et qui les mettaient dans la disposition de ceux qui vont aux vues…


Mes crises de terre sont aussi accablantes que ces longs métrages où l’intérêt réside dans la sévérité du procédé qui le met à l’écart d’un public de fossoyeurs engoncés dans la naphtaline et la sévérité mes crises sont aussi des études étendues à ce que j’ignore de moi que je cherche à découvrir études d’approches de renoncements obscurs travaux à domicile coups bas portés contre les contagions de ma fainéantise les conclusions les ordres hâtifs tous les commerces imbéciles des sens et de l’esprit quand ils n’ont de parité qu’en s’en prenant au bel ennui j’y trouve aussi l’occasion de porter à la connaissance de chacun que dans mon quaternaire là où j’élève des chiens inoffensifs des bêtes que je mets en première ligne dans des concours d’obstacles il y a un habitué du soliloque un ingrat qui ne consent plus à se ruiner dans les fausses aisances faut il aussi que je dise que par bonds successifs j’ai trop usé du verbe sans comprendre qu’il est un partenaire qui tient jalousement à des disciplines dont je n’ai cure…