Aphorismes

Aphorismes 225

J’occupe une tiédeur détrempée.


Au-delà de cette calomnie que tous les plaidoyers n’ont pu effacer, entre autre celle de la naissance, il n’y a rien qui vaille la peine d’être regardé avec les yeux d’un soûlographe.

Je négocie avec moi-même, Dieu parfois intervient et me glisse un missel dans les mains pour me guider dans mes marches forcées.

Il me semble que nous ne faisons plus que dans le commerce, commerce du sentiment, commerce du réel, commerce des origines, et qu’il serait plus aisé de se promener avec des prescriptions sur notre front, ou dans nos paumes, selon les circonstances.

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Aphorismes 224

Quelle déception que l’âge, quelle déception que la vie, quelle déception que d’être, rien que d’être.


Tous mes excès sont nés de sentiments sains, mais on dévié aussitôt vers le n’importe quoi du sérieux.

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Aphorismes 223

La mélancolie offre des horizontalités aux vaporeuses existences, que toutes les inerties ont poussé dans le sofa ou vers la littérature.


Lorsque je penche pour la vie, j’y penche du côté gauche, c’est ce côté-là d’ailleurs qui est le plus fragmenté, le plus linéaire et le plus impitoyable.

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Aphorismes 222


La conscience si ancienne soit elle, frôle le sérieux, mais s'en débine aussitôt de peur de trouver quelques objets nécessaires à déplacer ailleurs.

La mélancolie aura régi mon existence, l'ayant considérée comme la seule matière digne d'intérêt, je l'ai justifiée en l'étayant, en lui donnant un corps pour mieux évoluer.

Le sérieux n'est enviable que s'il ne pervertit pas l'essentiel d'où il émerge, pour se renouveler à ses dépens.

Je considère le sommeil comme un ferment d'inutilité.

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Aphorismes 221

Nos maux, tour à tour, nous lassent ou nous élèvent, je cherche un promontoire pour jauger le peu de profondeur de cette croyance surannée.

Dans ce grand foutoir que la littérature corrige ou assassine, la déveine d’être, m’apparaît comme le seul cauchemar à thèmes.

Faute d’avoir quelque belle humeur qui nous tienne éveillés, hagards ou en péril, nous nous étourdissons avec le mot qui ne veut se prêter à aucune construction.

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