Aphorismes 208

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Nul n'est à sa place, ainsi est née l'aventure.

Je suis tant encombré de désirs secondaires et subalternes, que je ne sais pas de quel côté me tourner, pour n'avoir pas le visage d'un singe qui voudrait commettre un forfait.

Toutes les réponses que je me suis faites ont été des contorsions spirituelles.

Sitôt levé je me demande dans quel recoin je vais agonir.

Être est une  innommable impureté.

Je ne résiste pas à l'envie d'employer le mot salaud pour tous ceux qui m'ont voulu des règles de conduite.

La vérité la sagesse ont des serres acérées, c'est la coquetterie du discernement.

Tout ce que j'ai exagéré je l’ai aussitôt isolé au plus profond de moi,  là où il n’y a de la place que pour de la tumeur.

Tout commence par une constatation, la vie est contestable, après vient le cirque de vouloir tambouriner sur toutes les poitrines.

Astiquez votre cerveau, il sent la naphtaline.

Si l'on pouvait contribuer au rien, eh bien comptez sur moi.

Je doute que je puisse témoigner d'un fort attachement à l'homme, j'y verrai  une version du nœud, voire de la pendaison.

Je m’abstiendrai toujours de n'être pas faillible.

Nous voulons du bon emploi du mot qu'il nous réserve une place sur les estrades.

L'univers a les mâchoires qui se crispent.

Là où coulent tous mes regrets, il y a tant d'absences qui ont le visage d'un ange aux ailes recouvertes de crin.

Sonnent les sirènes de nos fausses mesures, et nous nous affalons dans des compromissions.

Il faut penser à Dieu comme un épouvantail ou à une girouette, qui se dilatent dans les nébuleuses, quand nos prières sont des crachats.

La porte de sortie est toujours du bon côté.

On peut rire de soi-même, même dans la plus sale de ses réserves.

Je vis pour fureter dans ce silence imposé ou tout ce qui est bien.conçu n'est pas à mettre dans tous les regards.

Si j'écoutais mon âme mon premier réflexe serait de sortir le surin de son étui.

Toutes les mémoires sont rompues à l'exercice d'oublier combien elles se sont compromises dans le mensonge, la déception et le sang.

Le drame de l'existence c’est qu'elle penche toujours du côté où c'est le plus saillant.

Je ne suis pas étonné qu'au réveil, et cela chaque matin, j'ai le poil qui se hérisse, la bête n'est plus loin.

Le bonheur est une intoxication qui voudrait qu'on s'emballe pour du n'importe quoi.

J'écris dans deux cas, lorsque je suis happé par la croyance qu'il faut dire et celle où il faut dire davantage.

La sagesse se dégonfle dans l'isoloir.

La connaissance est toujours du côté de cette pureté putride qu'on ne peut digérer.

J'aurais aimé être un inquisiteur de tous les cerveaux qui nous convainquent d'exister.

Être debout c'est vouloir aller plus loin que cet horizon où l'homme se soulage de ses afflictions.

Le dynamisme de la matière, nous le détournons pour en faire des épidémies.

Je m'interroge au ralenti, je conserve la chimie de mes pensées pour en faire des reculades.

C’est le propre de l'existence de n'avoir de saveur qu'à la fin.

Mon goût pour la réserve est un goût pour le bon emploi d'une journée où je n'ai rien obscurci.

L'ouverture d'esprit, et pourquoi pas celle qui donne sur nos propres ténèbres !

Décadence de la langue, décadence des hommes, décadence de l'histoire.

Heureux celui qui n'a aucune certitude et dissimule son vertige sitôt qu'il vient à en effleurer une.

Que celui qui se connaît entreprenne, que les autres se taisent.

Je rêve d'une obscurité sur toutes les consciences dont le fonds de commerce est dans la parole.

Je concède que divaguant dans des pensées qui ne mènent nulle part, j'aboutis toujours en ce  centre où tout est corrompu.

Mes affinités avec l'homme sont dans l'ignorance et rien d'autre.

Vous voulez faire une belle expérience, soyez commun !

L'homme est incliné à son propre anéantissement, non par épisode, mais sa vie durant.

Parfois je perds l’usage de mon corps, de tout mon corps, jusqu’à sa plus petite .parcelle, évaporés, les actes, les gestes, les faits, bref, la gesticulation, puis l’envie d’en rester là.

Quand l’envie de conseiller quelqu’un me saisit, je suis aussitôt pris d’une volonté d’en finir, dans l’indolence des actes qui ne m’injecteraient pas de l’existence.

Sitôt que l’âge en arrive à me rendre grave ou furieux, je m’entretiens avec moi-même, de ce mal si particulier qui se situe en dehors du dialogue, voire en dehors des mots.

Je parle frénétiquement, nerveusement, en moi se rejoignent l’envieux et le désenchanté, l’envieux vise à de la séduction, à donner l’exemple, le désenchanté à ne rester que dans mes intimités ; à défaut de les négliger, je les élève petitement jusqu’à de l’entretien.

La lucidité aura été une de mes toxines les plus redoutables, j’aurais voulu m’en défaire pour n’être pas crispé comme ceux qui se sont acoquinés avec le monde.

Impossible d’oublier que je fus cet enfant agenouillé sous une croix, et qui priait pour démonétiser Dieu.

Je rêve parfois que je me découvre, je me cramponne à cette idée, je ne m’en divertis que pour aller jusqu’au charlatanisme d’y penser davantage.

En disgrâce depuis ma naissance, c’est cette propriété qui a été mon salut, et me mène dans des insomnies où tout attendrissement passe par une bête qu’on courrouce.

S’inféoder jusqu’à l’échec, tous les échecs, s’en délecter, s’y vautrer comme un soûlard désinvolte.

Les histoires sans superficie me conviennent, elles seules suffisent à me saborder, je pense aux pouvoirs de leurs bassesses, de leurs insanes profondeurs, aux capacités de leurs latrines, me voilà dans du suffisant.

Pessimiste sans talent, je doute avoir été doté de la parole pour accabler ou plaire ; dans la perspective de ne m’en servir que pour aller au sarcasme, au soupir, je m’acharne à la systématiser, à l’avilir.

La poésie fait dans l’anxiété, le jeûne, la piété, voire dans la désinvolture ;une poésie qui naît du tolérable n’a pas mes lucidités.

Après l’extase du faire, le désastre de ne plus rien pouvoir fonder sans y réfléchir.

J’ai gardé de mes lointains ancêtres voués à la gitanerie, cet art de flotter entre la faillite et la décadence.

Plus je suis désespéré, plus j’abuse de ma peur d’en finir, et me démène dans l’existence comme un inadapté de celle-ci, qu’elle roule et double par souci d’équité.

Je réfléchis à l'idée de dépouiller celle ci, me voilà en présence d'une morte, et qui bave.

Je suis pourri par de la charité, en suspens dans ses solutions, je cherche parfois à me projeter dans une autre parenté, je me tais, et j'y parviens.

Point de légèreté dans le réel, seul notre désir d'y penser nous confère cet air d'éveillé, et qui se meut.

Toutes les questions sans substance portent en elles les réponses sans intérêt que nous transformons pour paraître.

J'attends exaspéré qu'une idée, une seule, ne me serve pas de paravent.

Je suis un aversif qui s'équilibre par le dessous.

D'une névrose à ma mesure, j’ai fait une vitrine où miroitent jusqu'à mes plus sottes ambitions, je me suis rompu à l'exercice de ce vide, qui ne me prolonge que lorsque je m'éloigne.

La normalité est infestée, infectée  par le virus de ce paraître là, qui nous plie comme des chiens verbeux.

Je ne me divertis plus dans cette parole qui me dévie du dessein de cadavre.

Je persiste et je me résigne.

Naissance: premier crime original et originel.

L'essentiel de mes journées réside dans ces confidences que je me fais, et que je conçois comme des effacements.

Sans le talent ou le fait d'être vain, la vie m'apparaîtrait comme la forme la plus parfaite de la sujétion à la matière.

Nul doute que toute méthode avantage la raison, et que cette même raison se laisse encenser par la méthode.

Dieu s'ennuie-t-il impunément?  Toute conviction pue, elle nous écarte de ces examens là, qui pousse la curiosité jusqu'à la douleur du savoir.

Aucune vérité qui ne me fasse digne, je cherche dans le mensonge ce qui n'est pas caduc et se traduit par des images que j'exagère en me couchant.

Je ne suis pas homme de mission, je suis un homme d'omissions et de démissions.

Ma nonchalance me corrige des excès que mon corps commettrait, si je n'avais cette disposition pour le silence.

Je doute que toute œuvre témoigne d'un bonheur ou d'un malheur, l’œuvre est faite pour réfléchir son propre désespoir de la démonstration.

Accidents de nos profondeurs, nos tares reflètent les plus sottes de nos réactions, nos soubresauts, nos perversions, et ceci jusqu'à nous écerveler.

Parfois une des formes du crétinisme est regardée comme de l'intelligence, moi je vois cette intelligence comme une façon à mes dérèglements.

J'ai trop longtemps été happé par ce dieu, qui a poussé mon écœurement jusqu'au voir.

Faute de m'être tué, je me suis tu, reste l'étonnement lié à la voyelle.

Les faits plus ils m'apparaissent comme mystérieux, plus il me semble qu'un dieu d'ébriété veut m'en éloigner en singeant leurs parentés.

J'ai dégueulé sur l'être pour aller à cette évidence qui me dégoûte tout autant de moi.

Est sérieux tout ce qui nous met en dehors de ces léthargies, où nous aspirions à nous noyer sans réfléchir à l'idée même de la noyade.

Le suicide restera le seul évènement qui ne relève pas d'un accident, de ce cerveau qui pense tout en accéléré.

Toute connaissance témoigne d'un accommodement avec le genre humain, et nous persuade de pousser ce même accommodement au delà de la confidence.

Une des variétés de la désolation est cette déception qui précède l'acte d'émettre, et cet autre de tout garder en dedans.  Dormir dans cette nudité qui ne s'impose par aucune parlotte, aucun geste, aucun acte, aucune écriture.

Est enfiévré ce qui parvient et advient au moment de mourir.

Je déteste cette sincérité là qui vient à nous dans l'affirmation de dire que l'on peut rire de tout, mais seul.

Il arrive parfois que les certitudes soient aussi préjudiciables que les erreurs qu'elles justifient en les dépréciant.

Penser c'est se prêter au jeu du labyrinthe, qu’un homme de peine a tracé, pour regarder plus longtemps devant et derrière lui.

Tout doute nous fait discerner nos égarements, et transcrit notre rage de délibérer sans observation.

On se perd très vite en fadaises, sitôt que de simple observateur, nous passons au statut de physionomiste.

Tant de preuves qui nous montrent et nous prouvent que nous avons étés conçus pour du sommeil.

Je donnerai toute ma misère pour un équilibre qui ne me rappellerait pas mes postures de dormeur consubstantiel.

A l'origine de ma lassitude, tous ces pardons qui m'ont élevé, enchanté, puis desservi et assombri.

Parler nous fait enter dans la considération, se taire, c’est prendre le risque de passer pour un subversif, un inactif qui va s'épuiser sur un canapé.

Plus j'avance en âge, plus il me semble que toutes mes extases ont été des fumisteries que j'ai portées jusqu'à des sagesses usurpées et sans nom.

Je vivote trop sérieusement pour porter l'idée de la mort aux sommets qu'elle mérite.

Dégradons-nous jusqu'à nous effacer de notre propre mémoire.  Dieu absent, tout est bon à consommer.

Il arrive parfois que me viennent des affinités avec les hommes, c’est l'heure de me mettre au lit sans y réfléchir.

Ne plus croire en rien nous brûle et nous dévaste autant que de croire en quelque chose.

Mon indécence s'insinue parfois jusque dans mon sang et mes songes, je tourne alors mon écriture vers les psaumes et les prières.

Tout ce qui est passé laisse en nous quelques identités inconséquentes, que le vague à venir ne peut plus contenir.

La plus petite de mes réflexions me mène à ce détachement proche de la vacuité et que je considère comme la plus magistrale des leçons.

Je ne m'accorde à rien ni en rien, je suis dans la santé de tout ce qui s'inverse sitôt qu'on y réfléchit.Je m'ennuie dans la foi.

Ma langue me pèse, elle explique en moi les triomphes de ce peuple intolérable tant il a poussé l'injure dans la maison du Père.

Guérir de la vie pour s'abimer dans la souffrance de lui trouver quelque explication.

Agonir à chaque fois que nous avons commis une bienséance ou un acte qui nous élève.

Mourir d'une mort si lente qu'elle tiendrait de la vie.

Je me gaspille dans le sommeil, j'ai l'avantage d'y être un malade incliné à ne gêner personne.

J'emploie mon âge à d'autres mouvements que ceux de me fortifier, je cherche à me rompre, à vaciller davantage, je cherche un enfer pour ne pas y saborder mes dégoûts.

De quelle imbécillité sans nom suis-je marqué pour porter haut les faits les plus insignifiants?

La parole me met dans des impasses où me vient la rage d'y penser déshonorablement,et me donne des airs de forcené précieux.

Que le mystère reste outrancier de façon à ce qu'il garde ses écœurantes répliques.

J'ai l'âge où je désespère de ne pas me détester plus que ça.

Tout est dans la limite, et sur ce point là je doute qu’il y ait des explications à fournir.

Je veux ajouter à mon dernier souffle la suffisance d’y avoir pensé depuis longtemps.

Mon soi disant l’emporte sur l’idée d’être crépusculaire, et de voir dans le jour une perspective d’anomalie et d’oubli.

La santé c’est l’insistance de ces élans gracieux qui poussent dans la verticalité ou vers Dieu.

Dans l’enfer de ce détachement où je m’accable, où je me noie, mes velléités de singe l’emportent sur mes velléités de moribond.

On n’en finit pas de se corriger pour une reconnaissance aussi ordurière lorsque nous émergeons.

Il faut voir en l’homme la défaite d’une nature acculée au pouvoir de ses soustraire.

Dans ce qu’il y a d’effroyable dans la religion, l’homme, la grandeur de Dieu commence là où les êtres s’individualisent, elle disparait quand disparait leur mélancolie.

Car tu es fichu une nouvelle fois, et tu ne mesures pas à quel point c’est un châtiment renouvelé.

Dans ces hivers, cloitres pétrifiés, je fais figure d’un moine qui gronde de douleur, et chancelle dans la fumée d’un monde qui brûle ces derniers cadavres bleuis par le froid et leur fatigue d’exister.

Le pardon est incompatible avec la douleur, ou s’il est, il est douleur.

En fin de journée j’ai le sentiment d’avoir suivi un corbillard, et cela des heures durant.

Aux mixtures nauséeuses que j’ai portées à ma bouche, j’ai parfois adjoint la vanité d’y penser, comme un damné de la réflexion qui entre en religion pour divaguer avec d’autres substances.

J’ai dans mes ébriétés j'ai suscité tant d’enfers auxquels je n’avais pas accès, que je n’ai jamais su s’ils ne furent que des transitions.

Je me lève, me lave, gestes de désemparé qui quoi qu’il fasse le fait dans un improbable demi sommeil où il s’est heurté aux mots.

Il arrive parfois que mes désirs visent à une perfection ,celle qui fait les ponctuels et les déçus.

L’action a eu mes intérêts, je l’ai toujours commise dans la grâce suspecte de ceux qui regardent la faillite comme une récurrence, et n’en n’ont point été sonnés.

La vie a des exigences qui se répètent comme des invitations, et dont nous n’avons cure par crainte de décevoir.

L a souffrance est une invention qui se répète à l’envi, comme un secret sonore dans un univers de langues mortes.

Mes liens avec les hommes sont exagérés dans l’imitation.

Autant qu’un étouffoir, les questions qui n’émergent pas de l’essentiel me coupent le souffle.

J’ai parfois la sensation de veiller sur des morts, dans la même posture que ceux qui en état d’ébriété saluent un drapeau.

Ma vie se sera inféodée à la vérité, celle qui se fragmente sitôt qu’on l’approche, et contre laquelle je me suis heurté pour les plus hauts des dommages.

L’intérêt que l’on prend à la vie ne peut être qu’une impulsion, si elle n’en est pas une, la vie se remarque par ses gratifications.

Ne rien faire sans être victime, ne rien attenter sans être bourreau.

Qu’importe mon malheur si j’ai quelques mots pour m’en défaire ou le fêter.

Nos naissances se sont faites dans ces glaires que nous exploitons des années plus tard sous le couvert du mot foutre.

Plus ma pensée se détermine en s’éloignant de moi, plus j’ai d’indulgence pour ce cervelet qui m’accorde au vulgaire ,comme on s’accroche à une putain, et qu’on a pas payée.

Voici que la pensée s’évertue à des particularités, que notre grogne originelle n’aurait jamais poussé vers de l’entendement.

Rien qui ne se fasse sans la gloire d’une exécution ou d’un guillemet.

Ma conviction d’être dupe n’altère en rien mes envies de regagner la sieste ,avec la sécurité des endormis.

Levé avec des convictions, endormi avec des idées.

Vivre c’est se plier à tous les ratages, et ne pas s’en relever.

J’ai cherché à m’épuiser dans l’alcool, les amours et les somnifères, pour des mots dégradés dans des marges, autant dire dans la misère du dérèglement.

La lâcheté est aussi terrifiante que l’indifférence, toutes deux impriment jusqu’à nos os un regret auquel nous ne survivrons pas..

Vivre, c’est sentir qu’il faut capituler, de qui ,de quoi, je l’ignore, cela aussi est capital.

Ma vie toute entière se situe dans un ailleurs, où la gifle est une revendication, et le crachat une autorité.

Je regrette d’avoir si souvent été prostré sans ménager Dieu, sans engloutir l’homme.

Nombre d’existences sont vouées à la trempe, pour ne pas dire au poignard.J’ai encore du temps pour modeler mon néant.

Déçu de ,et dès la première heure, ma vie me semble une éternité incomplète, qui cherche dans la ruine un antidote à ses origines.

Entre les souillures et les anomalies que secrète mon cerveau, parfois la crainte de tout abaisser à de la fertilité, et me voilà exaucé.

J’ai hâte d’en finir, mais lentement.

M’a été donné le luxe du dégoût, plus je respire, plus je gesticule, ce même dégoût se déploie pour me vouer à des ordinaires dont je ne me soucie que lorsque je suis dans du désœuvrement.

Agé de dix mille ans j’aurais encore la force d’entrevoir de l’humain dans tous ces charlatans !

Parfois pour m’étourdir, après un long repos, je vais dans le monde comme on entre dans une sacristie, pour divaguer parmi les encens, m’enivrant de ce vin qui appelle au repos, à l’ostensoir et à la croix.

Ma croyance est à sa place, c'est-à-dire en ce lieu où tout détachement apparaît comme un vœu, et toute prière comme une thérapie.

Je ne me suis pas tué au bon moment, voilà pourquoi je lui cours après.

Etre ,c’est être apparent.

La souffrance est de l’ordre d’une possession, la souffrance nous contient, nous divise, nous inverse, nous remplit et nous noie, c’est un stratagème pour nous pousser hors de la vie.

L’existence est un moyen de vérifier Dieu.

Ma vie se sera donc écoulée entre tous ces enfers que j’ai détestés, pour d’autres enchaînements, et ces édens sans substance constituées par tous les lieux où j’ai erré comme en un terrain vague.

J’aimerais faire dans la maladie du taiseux et ne rien profaner.

Rien ne m’apparaît plus odieux que de se morfondre, quand tout autour de soi chaque chose en appelle à de la vitalité.

Nous vivons tous dans un siècle comme des affranchis du temps, sous sa responsabilité, sans même lui demander de quoi il nous est redevable.

Etre, c’est donner naissance à des éternités dont nous ne pouvons supporter les ignominies.

Est consubstantiel tout ce qui en appelle au drame ou à la tragédie.

Combien j’ai divagué  en de sottes superstitions ,qui m’ont mené aux désertions du langage.

Croire, c’est porter de l’harmonie ailleurs.

Heureux ceux qui sont en exercice et ne tolèrent le sommeil que pour se rallier à de la réserve.

Rien que je ne fis de sérieux, si ce n’est de vivre en aspirant.

C’est du temps qu’il me faut pour croire, du temps pour innover cette croyance.

J’ai souvent au réveil la sensation de la vieillesse, c’est cette réalité que j’abhorre au point de ne plus rien vouloir entreprendre.