Aphorismes 202

L’envers d’aimer n’est pas haïssable, c'est simplement  le salut courtois du cynisme.

Le scepticisme c’est un peu comme du renoncement, du trente six qui voudrait par quelque moyen que ce soit finir dans un trente et un,l'impossibilité en devient une grâce suspecte.

Lorsqu’on est dans l'assujettissement de quelque musique que ce soit, on est en compagnie d'une tristesse qui donne sa préférence à un orchestre sans chef.

Tout nier et renier, jusqu'à ses substances les plus élémentaires et les plus fondamentales,puis finir dans l'ascension de la pureté ou du désespoir.

Mon droit le plus légitime est dans l'illusion, cette méconnaissance de la lucidité, en fait une occurrence de non être, de non devenir.

C'est toujours en voulant m'effacer que je fais front, je laisse en  de multiples endroits la trace de ce communiant premier qui s'immacule aux frontières d'un désespoir à venir.

Exister est sacrificiel, que dire alors d'un mourir qui est de l'ordre de l'irréparable.

Vivre c’est  s’indéfinir.

Je me suis conforté et réconforté dans l'ordre et dans l'idée d'une transformation  à venir, de celle qui me mettrait dans les sinuosités de l'existence, de celles qui seraient sans épreuve,or de l'inexprimable m'est venu, je me suis tu et j’ai vomi, reste un esprit qui se dégage d'une vie qui ne pourra être sauvée.

Preuve en est qu’on n’atteint jamais aucune aurore, le jour est toujours nimbé d'une souffrance dont on ne témoigne que dans une église,une synagogue,une mosquée.

Laissez-moi résister à la vie, j'aurais eu le sentiment que la lumière est une mesure de la justesse et de la justice.

Écrire c'est dérouler de l'essentiel.

Je ne veux atteindre à aucune visibilité, aucune mesure, je veux souffrir pour me consoler aussitôt d’y avoir pensé.

Toutes les présences sont les pulsations d’un temps imparfait ou nos échecs et nos fautes sont de pouvoir vaincre l’âge en se glissant dans la peau d'un singe ou d'un saurien.

Être exige qu'on puisse le devenir.

La maladie nous apprend à tout intérioriser de ce que nous aurions tu ou éteint si nous avions été atteints du virus d'exister.

Le niveau sonore de nos vies est toujours à l'étiage d'une tension ou d'une maladie.

Me grisant d'éternité, je n'ai atteint que les astres morts par leur désolant pouvoir de vouloir être vus.

Entre la considération et l'obscurité je choisis l’obscurité pour ses extrêmes vibrations qui me mettent sur la piste d'un corps qui résonnera à ma rencontre.

J'ai eu l'audace de croire que j'étais en pays conquis, ravagé par de l'obscurantisme et de l'ennui, j'en suis venu à boire un vin d'honneur aussi amer que toutes les mesures.

Désirer qu'un regard nous mette dans l'intense feu de ce même désir, c'est aller vers la hantise d'un infini sans source, sans vibration.

M'engloutir dans tout et en n'importe quoi, quelle diminution, quelle punition d’avarié!

Je m'attends  à un anéantissement venu d'une main céleste, j'ai déjà mon existence dans des crépuscules de larmes et de drames.

La distance entre les autres et moi, il faut qu’elle soit tendue, si elle ne l'est pas, c’est parce que je suis au paroxysme de toutes les formes de la pendaison.

Ce qui m'est intérieur, qu'il le reste, je ne fermente plus que de l'oubli et une conscience qui y prenait la force d'aller dans ce qu'il y a de certitude et de faux enthousiasme.

Je m'interdis d'engloutir en moi quelque monde que ce soit, je n'ai aucun océan assez profond pour me mener à cette fièvre.

Qu'un seul élan me manque pour en finir avec la vie et j'y consens avec le rire gras de ceux qui dans l'orgasme ou l'extase sont aussitôt mis sur la touche.

Le pire est dans un flux et reflux de dégoûts, puis vient le vide aussi précieux qu'une limpide idée qui nous donne l'envie de ne rien fonder.

L'éternité est  un flamboiement d'enthousiasmes, un affleurement de toute forme de fortune, quelque chose entre l'extase et son dédoublement, or je n'ai pas de sosie et je suis seul à jouer avec ses insolences.

Emettez une idée à haute voix, c’est bon de faire le héraut.

Il convient toujours de copuler avec histoire lorsque celle-ci est une salope prévisible.

De même que je suis né bouffé et bouffi de l’intérieur, de même je ne suis tenté que par de l'excrémentiel dont suit devenu le jouet.

Aime  celui qui n'est pas mûr, celui qui l’est se coupe en deux pour se barrer à gauche et à droite.

La plupart des trahisons ont été commises dans une forme d'extase, de déficience, les deux se rejoignent d'ailleurs dans cette réserve  où l’on va opter pour le de l'insanité.

Ambiance de laboratoire, on se détache de soi, on se sent à l'aise, puis l'éprouvette et l’épreuve,le sang se détache alors du corps comme un asticot qui gigote.

L’inflexion des voix chères qui se sont tues, qu’elle reste où elle est, je n'ai nul besoin de l’entendre, elle veut effacer ce qu'il me reste d'esprit.

Il est normal d'être normal, on est libre d'être dans la revanche et dans l'inobservation.

La parole ne supplée à rien d'autre qu'à elle-même, c'est un caillou qui ricoche sur l’eau lisse et n'atteint pas la rive.

Mettez une capote à votre existence, ça empêche de dépérir et de penser.

On ne peut rien oublier des stratagèmes que nous fîmes pour exister, sinon ceux où l’on est parvenu à se tuer en idée.

J'aimerais disparaître mais salement.

A chaque âge correspond un vide plein de nombres et de poisons, c'est l'âge avec son cortège d'essoufflements et de contrefaçons.

L'amour ne m'aura pas racheté de l'avoir racketté pour une entrevue avec la beauté.

La  lucidité c'est de penser bifidement avec son cerveau.

Étalez-vous, devenez centenaires, prisonniers d'un corps qui n'a eu de modèle que son suivant, que son suiveur.

À chaque pas que je fais j'ai le sentiment que celui-ci me conduit dans une légitime déchéance.

les dimanches sont les lointains successeurs de ce temps où l'on riait,  pleurait,  priait, pour pouvoir mieux s’en passer.

Rien n'existe de ce qui arrivera trop tard ou trop tôt sinon le sens donné à la mort.

Quelle chance d'avoir l'occasion d'être sans avoir à balbutier.

Toutes les formes de néants sont dans l'homme et dans la somme des essais qu'il fait pour arriver à des conclusions insanes.

Mon esprit est toujours en quête d'un remède qu’on ne trouve pas les pharmacies.

Croire puis se détacher de la croyance, un grand pas dans les intervalles que Dieu met entre chacun de nous.

Ma suffisance est un statut,  mon insuffisance une philosophie.

Poursuivi par de l’être, ma décision est prise je ne veux pas devenir.

Être dans le coup c’est toujours une histoire de proportion, et l’on y est obligé jusqu'à nos plus sales et plus obscènes des naïvetés.

Un être vertueux est hilare de ses dégringolades.

D’ici à demain tant de désertion, tant de capitulation, et n'y être pas prédisposé.

Parfois dans mes contusions et confusions mentales je deviens un aboulique de certitudes et j'en vomis.

L’assujettissent spirituel je le laisse à ceux qui croient et croissent...

Mon courage est un déferlement d'insipides contradictions.

J’en veux à toutes les formes de musique de faire un  remue-ménage dans ma mémoire et ceci  jusqu'à me soutirer des larmes et des sources d'émotions sans spiritualité.

Je me démène tant et tant que le temps m'est un adversaire enragé et cela bien plus que moi, et qui me scinde en deux, d'un côté un moribond qui s’aplatit, de l’autre un duelliste va au pré.

J'ai la nette sensation que tous les lendemains sont des suites et des quintes aux mains d’un tricheur qui a une dextre  dans son dos.

N’être plus qu'un atout dans la main des tricheurs.

Épargnez-moi vos commentaires et vos opinions, les miennes émergent sur fond de dépotoir.

J'opte pour Dieu faute d'être dans la sauvegarde de quelqu'un d'autre et de bien plus.

J'attribue à d’autres des tromperies proportionnelles aux miennes, me voilà un homme avec son statut d'indisposé à tout.

On cesse d'être un extravagant sitôt que la normalité est une extravagance.

Pour peu qu’on en vienne là où est, et bien on n’est nulle part.