Aphorismes 175

Nous nous taisons parfois, intrus dans un univers de méthode qui ne veut rien savoir de cette ébriété à rebours…

Rien que de ennemis aux prénoms improbables, avec qui la réconciliation ne me rendrait ni exalté, ni décadent..

Couché je suis dans l’excellence de cette résignation qui des millénaires durant a affecté l’homme pour qu’il ne réponde pas à la question…

A quoi aurait servi ma vie si je la rangeais dans le tiroirs des vies ratées, ravagées par l’ennui et la neurasthénie?

De quel coté du monde me ranger ,si ce n’est de celui où je ne m’appesantirais pas sur mes saloperies ?

Comédie de la matière que cette vie qui ne ménage pas ses effets et ses fanfreluches pour donner le vertige à son créateur…

Pour qui sait se taire la parole n’est qu’une définition de la parole…

Je hais tout et tant que crever ne m’indisposerait pas si je pouvais y associer le monde…

Je n’ai aucune prudence, encore moins de réserve, je ne ménage en moi ni l’ange ni le démon, voilà pourquoi je me signale par mes sourires et mes calomnies.

Ma liberté ressemble à un monologue fait de retours et de teintes violacées par mes désirs impropres, tout cela pour une petite tyrannie de fantoche…

Plus mon scepticisme me range parmi les indéfendables, plus je décèle que mon besoin de ne rien fonder est grand, est inhérent à mes plus mauvaises humeurs…

Tout ce qui est haut devrait se réclamer d’une neutralité qui ne pourrait se compromettre qu’avec de la perfection…

S’endormir en fâcheux, se réveiller en intrus…

Mon intégrité m’apparaît comme une vertu prise dans mes plus bas niveaux, et qui me rachète de toutes mes exagérations…

Rien d’étincelant dans ces journées où pour accéder à la poésie je mets à mon actif quelques ivresses qui me dessèchent plus qu’elles ne m’enchantent…

M’acharner contre mon existence est un digne fait ,m’y établir et y persévérer l’est moins, pourtant je considère son charme incendiaire et ses méfaits comme des alertes à ne pas m’y perdre sans avoir commis…

Nos parentés avec Dieu se sont construites sur des dépouilles…

La douleur est de l’ordre d’une veine, elle nous met dans la position d’un homme qui réfléchit et qui se pense…

Toute santé est préjudiciable et va de paire avec cette exploitation des mots qui dévaste par sa fraîcheur ou affadit par ses ratés…

Le mot triomphe dès lors qu’on le mésestime !

Entre les occasions manquées et les réussites tout le vertige de nos impropriétés à nous dégager d’un moi infréquentable…

Tant d’aphorismes qui prolongent les promesses d’une confusion…

C’est l’illusion et elle seule qui nous mène aux extrémités de cette misère qui consiste à voir dans toute duperie le mariage du temps et de l’image…

Ce que j’ai accompli n’a jamais été de l’ordre d’une tâche, j’ai fait pour me révolter, pour abuser de mes organes, un point c’est tout !

Tant de textes et de lois qui témoignent de nos perversités et du progrès, tous deux indissociable de nos mouvements ascensionnels ou de retrait…

Psychanalyse :thérapie e nos misères basses ou hautaines…

Ce malaise que j’ai si souvent nommé « L’utilité »…

De cette connaissance muette d’où je tire la vanité de me taire, qu’y a-t-il de profond et qui n’ait été altéré par mon côté larvaire, par mon côté sanguin ?

Ma tristesse et ma honte n’ont pas eu la vigueur de ces liquidités que je retiens et qui font carrière dans la logique d’un silence de présomptueux.

Mon ennui s’agite au bout de ces possibles que j’agrémente comme autant de verticalités et que je maintiens en profondeur pour me donner une raison d’exister pour les tourments qu’elle suscite.

Au contact de l’humanité j’ai perdu de la mienne et me suis retrouvé plus désolé que dans une réelle confusion d’esprit et de sens.

Lorsqu’au réveil me vient à l’idée que la journée sera sombre, je m’alimente en abnégations ayant la crainte de vouloir déserter mon quotidien pour une nouvelle destination sans ressource.

De toutes les déceptions qui m’ont mené au dépouillement ou au recueillement, je retiens celles où j’errais si ostensiblement, qu’on eût dit un être maladroit battant le pavé pour parader sur ses anciennes gloires.

Tous mes rêves ravivent en moi un seul être, un Attila qui s’emploierait à incendier le monde.

C’est toujours à mes dépens que je m’expose à la douleur, après vient du fiel et tous mes commentaires sur la couleur sale du temps.

Faute de m’être anéanti dans quelque création que ce soit, j’ai passé ma vie dans une funeste oisiveté entre la désinvolture et l’ennui…

Parvenu à ce que j’ai été, quel malaise plus haut que celui de la stagnation me pousse dans les indiscrétions de ces actes que je n’ai pas osé rêver ?

Merveille de ne pas être, de ne pas devenir, toutes les autres solutions tiennent de la parodie ou du copiage.

Je m’affaire tant et tant dans une humanité qui me submerge de ses manières de charançon, et qui fait de moi un plaisantin du non être.

Rien de plus soulageant que de perdre toutes ses identités.

La conscience arrive toujours trop tard, déjà nous avons dévié de cette volonté de vivre et de garder nos aises, pour sévir dans la fièvre ou le sommeil.

Plus j’utilise le verbe être, plus j’en appelle à cet objet que je serai, et dont les dispositions iront entre la bière et le caveau, entre les alcools et le caniveau…

Il ne faudrait ne s’en tenir qu’aux enchantements qui sont le contraire de ces convictions qui nous poussent vers de l’ultime…

N’a d’intérêt que ce qui n’a pas été accumulé, là où résident l’essence, la substance idéale de tous les beaux objets, y compris l’être, qui sont sans fond et sans surface à devoir sans cesse polir…

Entre la verve et l’ahurissement, toute la panoplie de l’imagerie verbale, déchet d’une civilisation qui trompe son propre corps…

Faiseur et auteur parfois, seule ma manière de me démonétiser me pousse dans les multiplications douteuses de l’avoir et de l’être…

Je songe à tous ceux que j’ai veillés et qui n’étaient pas du même genre que moi, et j’en suis navré…

Je me poursuis, je me traque, impossible de me camoufler, plus j’y songe et plus je suis hébété, et plus je dois de respect à cet être odieux que rien n’achève…

Dieu ,oui mais par degrés, comme une posologie pour qu’il ne m’abrutisse dès le premier gorgeon…

Tout ce qui prête à l’admiration pue…

Les évidences nous poussent à la perte, perte de quoi ,de toute considération sur les objets injugeables…

Seul et unique désir, finir dans la peau d’un désespéré, et dépité, si dépité, faire dans l’acharnement d’un tout dernier lieu commun, entre l’injonction et l’injure !

Rien qui ne me dégoûte plus que toutes les considérations, sincères ou non !

Resurgir de ce monstre disséminé dans chaque cellule de mon corps, de mes connaissances, et ne plus m’obstiner que dans l’ennui et la mélancolie…

Les patries sont de la glu, une négation de l’homme, elles se penchent tant et tant sur leur verve sénile qu’elles daignent parfois témoigner d’un individu en lui dressant un mausolée sans nom et sans signataire…

N’en déplaise à tous ceux que je n’ai pas agressés, mes propriétés sont de l’ordre de l’effacement, du troglodytisme, de l’inexplicable et non de la barbarie de commettre des actes que j’aurais aussitôt considéré comme des faits d’armes.

Dépouillé et encore réactif, c'est-à-dire acharné mais contre je ne sais quoi !

De toutes les agressions que j’ai subies m’est venue une cordialité innnomable, que j’ai pourtant appelée «Ambition du néant »

Au-delà de cette gêne, de cette méthode de ne rien suggérer d'hasardeux, l’indéniable besoin de parler avec efficacité…

Toutes les fois où j’entre dans une librairie,  je conçois tout ce que l’on a pu écrire comme imbécillités, et je m’en désole tout comme je me désole des miennes…

Dieu serait néant et l’homme néant secondaire qu’il serait secondé par ce même Dieu !

Impossible de me fâcher avec moi !

Plus je serre de mains, plus je suis aux antipode des amitiés avec lesquelles j’aurais aimé exploiter le chagrin de la distance…

Remonter au tout premier lieu, au tout premier Dieu, et lui suggérer l’idée du T.N.T !

Rien qui ne se fasse de bas ou de haut sans remonter dans l’homme…

Davantage furieux que furibond, davantage mourant que moribond !

Dieu est de méthode, et l’homme devant le spectacle de cette méthode se compose des affinités…

La destinée est la tournure que prend le temps pour nous donner à penser que nous avons vécu sans nous en soucier…

Les accords entre les hommes sont des jeux de hasard et de patience…

L’héritage des hommes est dans la boue, là où ils pourrissent de toutes leurs grossières déliquescences…

Les conventions m’écœurent, j’y vous la figure imposée de vivre dans l’héritage de ces anciens là qui ont sali l’histoire et le temps avec de la carrière et de la récompense, de la prime et de l’embonpoint…

Ce que je conçois comme possible me pousse à l’arrogance, voire au dédain, ma course ne pourra donc s’arrêter que dans la forme impure d’un providentiel insoutenable…

Tout ce qui est définitif va à mes sentiments, j’y pense comme à ces instants où nous prenons de l’envergure, pour nous recommander de ce Dieu qui se serait égaré dans notre raison…

Nostalgie d’un disciple pris dans le malaise parce qu’il a trahi pour une gonflette qui ne l’a pas convaincu !

Finir dans un tel dérèglement que même le fossoyeur ne nous reconnaîtra pas !

Je m’émousse dans la vie avec ses corrections et conventions, quant au simulacre du faire, qu’il reste ce qu’il est, une sous multiplication de l’être et rien d’autre…

L’esprit traîne en lui quelques vérités dont nous abusons pour nous donner à croire au mirage de l’intellect…

Toutes les décisions que j’ai prises m’ont mené dans l’égarement et l’ignorance…

Je suis pour tous les contres avec leurs répétitions, contre tous les pours avec leurs malfaçons…