Aphorismes 129


Est objectif tout ce qui implique des parts de soi en y adjoignant ces parts de l’autre qui ne font pas sélectives.

L'amitié n'accepte pas l'organisation silencieuse qui fonde ses histoires dans le collectif des distances tues.

Je pense économiquement comme dans un bordel où les putes sont formées comme des cadres supérieurs et qui ont   régulé tous  les sentiments.

La vie je l'observe lorsque je suis dans la difficulté d'être et de la faire figurer à mes yeux comme une sainte en prière, nommée experte auprès d Dieu.

Cet excédent de vie que sont nos enfants, qu'on se flingue devant eux, pour qu’ils n’aient pas un jour à nous ressembler à se comporter comme des cadres moyens.

Devant une femme ,n'est à l'économie que celui qui s'est engagé à lui mentir dès le premier jour.

Dans la permanence de mes idées suicidaires il y a toujours le visage de ceux que j'ai aimés, et qui se dissolvaient dès mon premier beau sentiment à leur égard.

Rien en quoi je ne  crois et qui n’ait été accompagné d'une demi-mesure étalée comme des chiffons sur un christ sanguinolent.

Autrement dit, nous crevons non par cette nécessité qu’à la nature de tout renouveler, nous crevons de nous-mêmes, parce que nous ne sommes pas dans la solution à ce problème de vivre.

Prendre le temps, et pourquoi pas le rendre mortifère.

J'ai toujours avoué ma pauvreté, celle de ne pas savoir dire, de ma pensée, de ne pas m'en être privé m'a valu d'être superstitieux orgueilleux et vain.

Saveur du savoir, l’incuriosité.

Dans mes veines coule un sang transformé, mon entrain est celui d'un révolté qui s'épuise dans le plus petit des actes.

Je m'interroge sur l'existence, mes organes ralentissent aussitôt.

Ce que je sais de l'amour, c'est qu'il conduit toujours là où nous sommes en résidence secondaire.

La tristesse est un ton, il révèle combien l'âme a besoin d'être transformée pour s'accommoder des musiques qui nous étranglent.

Nul doute que tout ce que j'ai voulu démontrer s’est aussitôt placé dans mes réserves, aucune acidité n'en est remontée.

J'ai le goût d'une langue dont les mots seraient des capacités et des mesures.

Du bon emploi de ma raison, je retiens qu'elle ne s'élabore qu’en fin de journée, quand j'ai voulu m'épuiser dans trop de douleurs investies.

Au coucher, impuissant et mélancolique, je m'accommode de ce monde en y pensant comme à un dépotoir où je vais tâter de la charogne.

Au plus bas de son amour-propre, un tyran vacille, un imbécile prend goût au monde.

Rien de précis dans mon cerveau, je décide de m'abandonner à la terreur des rêveries.

La vie. pure on ne peut l’atteindre d'aucune manière, d'où notre propension à nous stimuler pour du n'importe quoi.

La lucidité nous fait regretter d'emblée ce que la conscience rend évolutif.

Toute œuvre s'apparente à un désir qui a bien tourné, après il en va de la variété de voir..

Chacun a sa propre camisole aussitôt qu'il rentre dans le monde, puis vient l'obligation de s'en  défaire.

Je remâche tous ces moments où je n'ai pas une réponse à ma tristesse, après vient un nouveau ressentiment.

Mon énergie n'est que celle de la conservation, ma santé est un agissement sans calcul.

Je repars sans  cesse à la baisse des sensations de ma vie antérieure, me voilà à nouveau dans mes étiages de craintes.

Point de sensations sans hauteur imminente.


Déçu en profondeur, je me perds dans ces gouffres où j’aurais aimé rencontrer plus déçu encore que moi pour me consoler de ne pouvoir m’appuyer que sur mon propre personnage.


Tous les désastres sont providentiels, il n’y a qu’après eux que l’on peut se renouveler et démentir cette inertie qui nous poussait à du détachement.


La raison nous gouverne comme si nous avions quelques profondeurs qu’il fallait désigner comme telles.


Né pour ne pas s’interrompre, l’homme s’égare dans le terrorisme de sa propre vie, de ses propres vues.


La colère fut une manière de cette force là qui fut noble, et que l’on a abâtardi pour des séances de distinction.


Toutes les obsessions sont normales sitôt qu’elles sont mâtinées par l’ennui ou le désespoir.


On habite un corps, on y abrite sa propre ténébre.


Indemne d’idéologies, de ces charlatanismes qui nous éclairent, je cherche dans la blancheur des nuits les garanties de ne pas faillir dans cette modernité.


Expérience : vacuité des expériences.


Le fait sans conviction nous pousse à la fierté.


De quelque clarté qu’on témoigne, elle est toujours la marque de cette délicatesse qui nous a chargé de créer.


Déçu de la réplique, je me ruine outrancièrement dans ces effacements qui sont aussi mes martyres et mes victoires.


Mourir en surface et n’être jamais sondé.


En fraude dans une vie qui me paraît abuser de tout et de tous, je recherche une forme d’acte qui ne soit ni une divagation ni un errement.


Le déséquilibre, c’est le dialogue subi.


Les généralités produisent des suffisances qui voudraient dégringoler dans du discernement.


Le contentieux des siècles dans un siècle qui doute.


C’est lorsqu’il ne se passe rien que notre nature se montre triviale et indécente jusqu’aux corruptions de sa propre vacance.


Depuis des années quelqu’un me chourine, je pousserais jusqu’à la déception le fait qu’il ne m’ait pas tué si je ne le dévalorisais tant.


S’abîmer dans l’exécrable paix de ces civilités qui ne sont pas originelles.


Dans le dénuement de la parole je décline la responsabilité de ces actes là qui se dégénèrent en vérité.


Heureux ceux qui n’auront pas le caractère des envieux, ils resteront dans l’horreur de la lumière leur vie durant.


Exister, c’est s’inscrire dans le dégoût du temps de tous les temps.


Je fonderai ma foi sur les corruptions qui dérivent toutes de ma fatuité.


C’est parce que la vie nous regarde de trop près que nous sommes les incurables de celle-là même.


Personne n’est digne de foi, la foi dès lors qu’elle est l’apaisement contraire de ce qui nous divertit de Dieu doit tendre à tout effacer de lui et de ses empreintes.


Chaque fois que je me prépare à flatter quelqu’un,je cesse d’être dans ma nature, c'est-à-dire organique et misanthrope.


Concevoir la vie comme autant de naissances, et tout dégénérer en prestigieuses défaites.


J’aimerais que dans les déchéances existentielles ,les réussites se fassent loin de toutes les lumières originelles.


Se présenter en sujet, et finir dans les vicissitudes du complément.


J’ai tant réfléchi sur cette verticalité prométhéenne qu’elle finit par me gâcher toute idée d’horizontalité.


Tous ce qui nous constitue prête à rire, c’est l’attrait même de cette existence qui est notre non être, notre non soi.


Hors de toutes douleurs, qu’y a-t-il de glorieux si ce n’est le processus de la douleur même?


Tout arrive trop tard, même lorsque nous faisons figure de celui qui a osé croire.


Tout fatalisme confronte notre idée de vague et d’absolu, qui se renouvelle dans des proportions identiques selon qu’on soi dans le sommeil ou éveillé.


De toutes les leçons que j’ai eues à retenir me reste celle de cette fièvre là qui m’aurait aidé à mourir si j’avais eu plus d’énergie.


Rêver d’un ennui interminable et ne savoir le régir.


Si j’étais tortionnaire, je flatterais.


A toutes ces misères puériles qui nous qualifient comme des êtres de néant et de lumière je préfère ces sentiments imbéciles qui nous tournent tout d’abord vers nos propres ténèbres.


Les biens portants sont de ce curieux mélange de convictions et de généralités sans examens.


Les lettres figurent cette emblée que la parole transfigure jusqu’à l’écœurement.


Je n’ai pas le goût de la permanence, j’incarne ce portefaix que l’on calomnie tant il se délecte de sa propre charge.


Je ne réponds de rien, si ce n’est de ce rien même pour le dénier jusqu’aux effacements.Les jargonneux coupent court à la réplique.


Je me prépare à vivre : je suis déjà rompu.


Nous sommes tous des assassins posologiques imaginés selon des formules que nous seuls connaissons.


Je me figure la connaissance comme une trahison de nos manières de primitif, comme une surenchère de boutades et de suffisances.

Je me serais ruiné dans l’amour si je l’avais connu autrement que dans sa forme lépreuse.

La profondeur des hommes vient de la profondeur des choses, l’un et l’autre se planquent sous la chape des mêmes effondrements.

Que n’ai-je promis plus de sentiment à celle qui éclairait ma destinée, si je ne l’avais terrifiée par tant de désenchantement?
Etre enrichit la vie par les rendez- vous que prennent la science et Dieu..

Tous ces moments qui s’articulent comme autant d'inconsolations , et qui si j’éternue s’éparpillent aussi prestement que l’air vicié de mes poumons !

La maladie n’est pas que la présence de la douleur, elle est aussi le pourquoi d’un esprit qui se charge à s’en imprégner ou à s’en dégager pour comprendre jusqu’où l’homme est entier ou approximatif.

Etre nécessite quelques élévations, quelques tristesses aussi lyriques que toutes les musiques qui nous accompagnent dans l’ennui ou la mélancolie.

Mes inspirations, si je ne sais les expliquer, valent peut être par quelque chose qui tient d’une longue agonie, et qui n’aboutit qu’en Dieu ou dans les mots.

Etre dispensé du pronom personnel, et ne rien accomplir sans l’avoir atteint !

J’aurais voulu parfois être un réformé de l’existence, et couler du temps dans le néant horizontal, entre la bière et le caveau.

Tout doit disparaître de moi, autant que tout peut désapparaître.