Aphorismes 60

Circuit d'homme et de bête imprimée, me voilà raisineux, contre une stèle sans inscription, las si las, qu'aucune indécence ne m'atteint plus .


Au plus haut degré de tout son être ,chaque homme en devenir devrait se contenir de tout vouloir homologuer, pis, de rester dans sa chair, empénétré d'une souffrance à son goût, de peur que cette même souffrance n'aille s'appliquer à d'autres.


Equivoque par et dans mes divagations, quand je me suis absout d'un corps trop pesant, en interruption de représentation, me restent tout en intérieur des ennemis qui ne sont pas à ma mesure, et que j'ai laissés grandir en moi, pour un jour les engloutir dans mes subterfuges et charlatanismes.


Me contenir, oui, mais de quoi, de ce qui se passe dans mes profondeurs infectées et infestées par la science de la démonstration et de l'équilibre ?


Jours tout en quartiers, en quarts en demies mesures, cylindriques comme un baril de poudre. Manquent le chien et la gâchette, et de l'audace, de l'audace, avec la sordide et solide envie de tout voir disparaître.


J'imagine que chaque cadavre porté en terre a été à ma mesure, un double, un semblable;c'est en cela que ma réalité m'opacifie jusqu'aux fragmentations.


Combien de pensées m'ont conduit dans de l'essayage, de la construction, de l'érigement, et combien j'en suis revenu en époumoné de l'existence ,qui ne s'est pas même adjoint une assistance à domicile.

Au faîte de mes insomnies, la portion congrue d'une femme, que j'aurais du défourrer de tous mes foutoirs..


En invasion de tous les contenus amers que l'existence pose sur les tables argentées, je ne sais que m'abreuver du vin le plus sec, celui de la confesse aux domiciles des autres, avec en idée cette abstraction de moi même, entre l'intersection d'un moindre devenir, et celle de m'écarter des beaux flacons, avec leurs vapeurs éthérées d'éternité, de jeûnes, où s'irisent les treilles et leurs détonements..


Tout en détachement, rien qui ne me lie à de la résistance, j'ai beau bouillir, bouillonner, brouillonner, jusqu'à ne plus pouvoir m'élever ou me relever, je reste dans un épanchement à domicile, dans la colère d'un enfant shampouiné, les yeux en expansion de souffrance .


Mon passé me ramène toujours dans d'explosives réactions, c'est là que je crispe les poings, raidit mes traits, prends le stylo tel un stylet, je ne suis pas équipé pour respirer proprement .


Tous ces bredouilleurs qui se prolongent en ratés de l'existence et dont je fais partie, s'ils savaient combien je leur en veux d'être dans ma mesure ne s'accompagneraient de la vie que pour en finir sitôt des sortis des entrailles de leur mère..


Né pour ne me manifester en rien, ni en quelque lieu que ce soit ,j'ai des abois de bête prise dans les rets des assermentés de la finition.


Cette parodie d'exister qui coule et s'écoule de nous comme un miel grossier, cette sanie en fait, comment s'en débarrasser si ce n'est en n'étant pas.


J'ai choisi d'avoir mes aises dans un temps sans durée, où suintent et suent les atmosphères nauséeuses de ce que nous sommes advenus, des hommes, rien que des hommes..


Toute identité unique tient du lamentable et de la lamentation, et tant j'en suis perclus, tant j'ai peine à me regarder comme un être poussé dans la conscience d'être.


Comment ne pas douter de la vie ,cette maladie infâme, funeste qui n'a de cesse de nous prolonger dans des identités remarquables, fausses de toutes nos condescendances ?


Las de tous ces naufrages involontaires, de ces essentielles dégringolades, je me suis laisser conduire jusqu'à des tertres, où j'ai mesuré tout le temps qu'il me fallait pour me conduire jusqu'à la bière.


Mon appétit de la toute première fois, n'est rien au regard de cette maladie du fichu que je connais par avance, et pour avoir avancer, que je ne sais plus comment succomber sans me blesser davantage.


Crever en un dixième de seconde, pour n'avoir pas à réfléchir sur ce que nous avons cru comme essentiel, et qui n'était que brume dans un brouillard.  Les mots n'ont pas de parole, méfiez vous d'un mot qui vous parle, c'est celui de cet autre que jamais vous n'avez voulu être et qui vous poursuit jusqu'aux hécatombes.


L'art en principe n'en a pas, c'est un incipit, par là où il a commencé il doit finir, c'est à dire dans des cerveaux renouvenables à souhait.


Soyez profond, apprenez à respirer comme un scaphandrier et laissez vous submerger par le flot de vos tares, plus initiales que celles que vous paraphez en sortant la tête des entrailles excrémentielles.


Toutes les idées se font dans les antichambres des corruptions anticipées.


A quoi mesure t on l'esprit, on le mesure à l'aune de ce que nous avons commis comme innommable.


Circuit d’homme, et de bête imprimé, coussineux contre une stèle sans inscription, las, si las que s’en est une indécence, une maladrerie. Au plus haut degré de son être, tout homme en de venir devrait se faire sauter la cervelle pour ne pas fonctionner. 

Au plus haut degré de son être tout homme sans contenance devrait se détourner du devenir, de crainte justement qu’il ne devienne. 

Equivoque par et dans mes élucubrations, je me suis adjoint un ennemi à ma mesure, moi-même, et plus je cherche à l’engloutir, puis il fait dans mes propres tares, me servant sur un plateau subterfuges et charlatanismes. 

Me contenir, oui, mais de quoi, de ce qui passe par mes intérieurs, puis finit dans les vespasiennes comme une boîte de chair sanieuse et vérolée que n’aurait même pas reniflé un bâtard.  

L'amour a trop à faire avec les organes et la science, voilà pourquoi je lui préfère le sentiment de l’amour, qui préfigure une autre image, un autre visage, d’autres sens…


Chacun de mes actes est une valeur ajoutée, de celle qui s’insinue jusqu’aux plus profond de mes artères, pour témoigner d’un moi sanguinolent, autant que de toutes ces cicatrices sanieuses, comme autant de plaies contre le vrai moment de vivre.


Lorsque nous nous engageons de façon indolente dans l’expérience de vivre, tous les jours qui adviennent sont de l’ordre d’une affliction, voire d’une infection, mais nous y prenons goût, voilà ce qui me paraît douteux, tant y dominent nos désenvies, nos nœuds et nos dénis, et tant ce fond d’irrationnel préjuge de nos propensions à de l’inconfort…  

Ne m’étant adressé pendant des décennies qu’à un moi, usurpateur, falsifieur de sentiments, voilà que par bribes me reviennent des souvenirs qui me mettent sur la piste d’une divinité vierge de tous mes parallèles…


Resterais je à jamais, ce complaisant, enténébré, vénérateur de lassitudes et de solitudes, dans sa demeure, à ces heures où chacun est entré dans la contagion du sommeil, et que lui-même ne peut absorber s’il ne s’est pas enchevêtré de somnifères ?


Mon mépris de ce que l’homme a falsifié, se fortifie dans cette cinquantaine, où je ne voudrais ne laisser derrière moi que des seuils, des paliers, des étiages, où mes essoufflements, de l’ordre d’une respiration insuffisante ferait office d’exhalaison…


Ethernité, azur que doivent traverser des enfants pour aller dans le vieil âge.


Car dans ces extases où chantent tout nos paradis intérieurs, il se planque toujours un dieu que nous avons anéanti, de peur que nous ne le nommions justement comme innommable Lorsqu’on pense que toute sérénité révèle en nous un ange désassombri, il y a des façons de tant le perdre, que nous préférons le parasiter pour qu’il n’intervienne plus dans nos plus petites vibrations


Sans musique, nous nous serions ouverts à la prière.  Nos excès nous rendent malades de cette éternité assortie à nos fièvres de nos capitulations.  

Les limites de la solitude une fois franchies, nous renvoie l’image d’un monde malade de ses propres rayonnements.  

Sans le désespoir, tous les désespoirs et quelque fussent ces formes, tout est toujours du côté de l’impair ou de l’imperfectible.

Je jure avoir voulu élever mon âme jusqu’aux abîmes .

Chacun de nous en son for intérieur, accepte d’être vaincu par là où il a laissé grandir en lui ses propres ennemis. 

Tout ce qui est trop proche nous inquiète au moment précis où nous le décelons. 

Tout ce que j’ai déconsidéré m’a atteint un jour, par là où nous vient l’obsession de la vie… 

La connaissance est illusoire, plus nous la cultivons, plus nous perdons de vue, tout ce qui devrait, qui aurait du venir à nous par les chemins qu’empruntent, nos propres vérités et nos inanités… 

J’ai longtemps cru que l’univers tout entier était réductible dans, et par les mots qui le figurent, pour que nous ne le mettions à de tropes vastes distances… 

S’il faut sans cesse se dépasser, je préfère rester en marge, m’enfoncer ma vie durant dans la fausse fusion de mes réalités et de ma vacance .

Peu profond, jamais éclairé, je vis dans la perspective de ne me rallier ni aux hommes, ni à leurs idées, je suis mon seul régime, je suis seul à vouloir disparaître sans m’être arrêté sur rien, je n’ai compté que les révolutions des astres et des morts, rien d’autre !
Est précis tout ce qui nous empêche de penser en dehors des cercles, de tous les cercles .


Ma gratitude parfois me confine dans des insomnies, tant il est vrai  que je n’arrive pas à trouver le sommeil, que si je n’y ai ailleurs reconstitué le bienfait.


Dans la carrière d’être, combien sont hommes de profession ?


Le talent ne fait pas l’œuvre, le talent nous tient éloignés de cette douleur là qui fait grand, tout ce que nous avons craint petit.