Aphorismes 29

Toutes les fois  où j'ai cru justifier mon existence en écrivant, je me suis aperçu que je manquais de mots,et que et tous les dictionnaires du monde n'auraient pas pu me délivrer le juste vocable pour traduire cette sensation.


La nuit est tant remplie de mes impropres mensonges, que je ne sais plus de quel  côté me tourner pour ne plus me serres contre eux.

La mort sera l'ultime lieu où la vérité n'aura pas honte de se montrer nue.

Ce ne sont pas nos idées vierges qui ne valent rien, ce qui vaut rien c’est nous et notre phénomène.

Mes périodes bleues ont été roses, sales  et noires.

Toutes les amours ont laissé  en moi  une lame saumâtre et indigeste.

Toute la journée j’ausculte mes propres démons, qui ne me recenserons que lorsque je m'allongerai et serai sur  le bord ou l’à pic les plus abrupts.

Mes  livres de chevet se coagulent du sang  de celles qui  ses ont pressées près de moi, et qui et qui se sont débinées de peur que je ne survive à leurs apparences.

L'exactitude vient du fond de nos organes, pompant nos extrêmes  qualités, compensant ainsi cette variété de l'appréciation, de la juste volonté de faire juste.

Dans cette science de la déconvenue qu'est ma place parmi les hommes, mon existence n'est à l'abri que dans mes procédés de délimitation.


J'ai goûté à la solitude d'une façon si subite, qu'elle m'est apparue comme une consolation qui monte dans l'espace pour y toucher à l'instantanéité des astres  ..


Dans toutes mes approximations, ma faiblesse tient d'une immensité aléatoire où je m'épuise en des journées dans lesquelles je n'ai pas été jugé adroitement.


Tant d'heures dans un extrême ponant sentimental pour oublier, mais oublier quoi !


Est-il possible que toute douleur se nourrisse des jaillissements d'une conscience meurtrie et invalide, qui cherche dans la maturité à se prévaloir de ses anciennes soustractions?

Si je m'approche de Dieu, ce n'est que pour mieux m'éloigner des hommes, le reste ne sert qu'à mes entretiens.


Je me suis contraint à me soustraire de tout pour des cours inférieurs et en étiage.


On est toujours dans l'instant, cet instant qui ajoute à l'existence les pratiques de la désenvie, et la prédomination de nos insuccès.
Etre seul, c'est s'éteindre seul, et tout entier que nous soyons il n'est rien de cette entité qui ne puisse se soustraire à la vitalité de cet évènement.


Combien j'ai voulu rendre pitoyable mon corps pour transposer ma santé sur tout ce qui lui tient lieu de symbole.


Mon pas agrémente toutes les marches funèbres de ces êtres singuliers qui ne s'en sont pas désolés.


Est-il des raisons d'être, que l'impalpable tristesse se réserve de servir sans passer par tous les aveuglements et tous les mépris ?


Jusqu'à mes rêves j'appartiens à un temps où j'ai soustrait ma connaissance de l'âpreté du dire et des commentaires qui s'y rapportent.


L'essentiel de l'existence est constitué par les couleurs que l'affect matérialise sous la forme de nos prolongations ou de nos retraites.


Ma souffrance alimente ma rage d'être , et s'efface dans le vague à l'âme d'une douceur sans visage et sans nom.


Dieu rend impossible mon amour du trop plein et du trop vide A bien la regarder la solitude doit à la musique ses plus hauts degrés, et à l'écriture sa vertigineuse santé ,extases douillettes des glandeurs qui s'en accommodent.


Je porte à mon égard une indifférence née de l'inaccompli, et une déférence qui m'ouvre les yeux sur les toutes premières échéances d'être ou de n'être pas.


Dans mes excès d'alcool tout ce qui est terrestre vacille dans l'insupportable mouvement qui compose mes envies d'être irrationnel et contre le sens même de l'existence.


La lucidité est une horreur qui se manifeste loin des prémonitions et loin des présomptions, en nous offrant le visage d'une femme adultère penchée sur le corps d'un mourant égaré dans de vagues suspicions.


Maître de mes souffrances, il m'insupporterait de savoir que mes anciennes douleurs m'auront conduit de la volupté à l'expiation.


Je m'agite dans le but de ne concéder de mon corps  que cette expression qui confine à la neurasthénie, voire aux infirmités de la parole.


Les louanges que j'adresse parfois à mes aïeux se font tant dans mes infortunes, qu'ils en gardent la forme d'un gémissement excrémentiel, d'une sale nostalgie irrévélatrice et sans poids.


Ma conscience ce d'être inguéri vaut autant qu'une exaltation devant un autel ou devant le tableau d'un narcisse éprouvé par sa propre image.


L’inertie m’arrive nue dans une macération d’orifices vermoulus ,putrides, par où s’est défilée, s’est extraite ma nudité.