Aphorismes

Aujour le jour 527

Je suis un énergique que le verbe horripile, et qui se détend par ce même verbe.


Rien qui ne mérite le meilleur de moi-même, je ne peux que susciter de la morve, ou cette gangrène de la parole qui passe par quelque insomnie, ou quelque corruption.


Dans cette transition, j’aurais indéfiniment penché pour l’affront, tous les affronts, y compris celui de ne rien estimer sans que j’y réfléchisse une nuit durant.


Peut-on jouir de cet impossible là, que tous les mots contrarient jusqu’à la prière ou l’agonie ?


Le réel s’évanouit à mes yeux, sitôt que je me compromets avec quelque acte fait pour m’éclairer.


C’est le dire qui a été le plus bas de mes grés, le plus vivace aussi, parler ne m’a tourné que vers moi, vers rien d’autre ;je veux dormir dans un silence capital, que l’immédiat désir de somnolence ne poussera pas dans les exagérations du verbe.


Pour une seule idée, mais une idée juste.


Tout acte, tout faire sentent la nauséeuse aventure de vivre.

 

Aphorismes 229

La musique agrémente nos sentiments et les exagère, et jusqu’au cœur propose des solutions que l’amour n’aurait même pas soutenu dans la surdité.

Affectés dès et par notre naissance par l’espoir, notre immédiateté, nos instants se situent entre la colère et le despotisme. 


Ayant longtemps fréquenté des roulures que le verbe élevait jusqu’aux dimensions de l’ineffable, j’ai aujourd’hui une dévotion pour les monologues.


Mes prières sont les fondations que j’élève seul et que seul j’entends.


Dans cette pensée qui s’impose comme une saine sécrétion du cerveau, tant de déchet et tant de sanie, que quel que soit son but ou sa circonstance, je la compare à un crachat d’avant l’asphyxie.


L’émotion est la seule forme d’infirmité que je ne peux exploiter sans vaciller.


Tel bavarde comme un infirme après l’examen, et sa parole relève autant la dégueulasserie de ses exanguités que le cancer qui le déprécie.

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Aphorismes 228

 

J’écris pour me pencher sur moi, je me penche, et je tombe comme saisi par la main d’un diable boiteux qui s’est avéré par le mot.

Vie : sous produit de la matière, que le temps par convention use, jusqu’à ne plus avoir une haute idée de lui-même.

Une douleur à notre mesure est une douleur inaperçue.

Je cherche un sommeil approprié, afin de ne pas m’imposer dans ces siestes là qui commandent aux tourments et aux petites mièvreries des maux sans avenir.

La douleur est un fait personnel, pourtant nous nous y démenons comme s’il était un fait commun à tous, et que tous ont rendu contagieux par le simple acte d’en parler.

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Aphorismes 227

 

 

Et si l'Eternité s'était emballée dans notre sang.

Qu'ai-je accompli d'inavouable qui m'ait conduit dans la soif de mourir, si ce n'est d'avoir voulu regarder chaque être comme cette part de moi-même qui suinte ou qui luit ?

Sous quelques latitudes que je sois, ma mélancolie (centre que je déplace) s'insinue en chaque objet et y déporte triomphalement mes anémies.

C'est assez de vivre tout contre le suicide, sans lui demander de cadrer avec notre face.

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Aphorismes 226

Vivre en troglodyte dans la répugnance de toutes les institutions qui sont la pègre des possibles.

Affectés dès et par notre naissance par l’espoir, notre immédiateté, nos instants se situent entre la colère et le despotisme.

Ayant longtemps fréquenté des roulures que le verbe élevait jusqu’aux dimensions de l’ineffable, j’ai aujourd’hui une dévotion pour les monologues.

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