Journal

Journal 1984

Pour ne pas rester trop démembré en moi, je me suis rassemblé, idées, glaires, foutres et sanies, ça pourrit dans mes entrailles, dans ma cervelle, ça schlingue du côté de l’entregent, je vais être et dormir seul, ceci est à ma convenance.

Pour tracer, déplacer tous ces mots, que de rayonnements, que d’architectures, que de lourdes mouvances, que d’assemblements pour des ouvrages qui semblent être des amphithéâtres où se déroulera le parcours de tous ces hommes qui dégoulinent.

Dans cette chambre où j’entretiens mes chagrins pour des éternités d’apparat, parfois émane la science d’une fille bien étoffée, elle se recouvre de mes sens, de mon sang, s’agenouille, elle prie, elle est prête, je suis renouvelé.

Je dépiaute une fois encore le mot « Pute », c’est un de mes jeux favoris entre la paix et l’ostentation de ces amusements où l’on se fortifie par l’artifice des vocables qui ne vont qu’à nous-mêmes ; puis viennent des naissances, un ciel qui plonge dans la plaine, des tableaux plus purs que des enchantements, là j’écoute le vent qui prend la forme des blés et du son…

Dans chacune  de mes songeries je fais preuve d’acuité , magie et mythe de savoir, j’y ajoute les images de ces jours agrémentés comme des menteries, ces émotions singulières que l’on a lorsqu’on a bu , à cela s’ajoutent tous les souvenirs d’un temps où j’allais aux sources même du plaisir, sans qu’aucun reproche ne me parvienne, sans qu’aucune gêne ne doive aller à la confession.

L’époque est au froid souverain, à la désespérance. Reconnaitriez vous dans cette femme qui se farde une Alice qui prétend se déprendre des couleurs et s’écarte de toute science, qui ne veut plus osciller entre la peur de s’émouvoir et celle de se méprendre ?

Déambulations, l’âme y serait pour quelque chose que cela ne me surprendrait pas, pas plus que ces rats poseurs de rets aux rires consacrés comme des pendules qui stagnent. Fou dans une nef je n’ai plus qu’une lucidité d’apparat, l’hier est encore de rigueur avec ses visages mesquins, ses doctrinaires aux faces de renégats, moi je regarde un oiseau qui annonce des nombres à mettre en applique.

Mes créatures ont soif de devoir, elles ont gardé ces gestes ancestraux qui les ont magnifiées pour un long temps, elles griffent et gaffent encore, elles veulent de cette enfance qui n’a pas étouffé leurs crimes, elles pleurent parfois et leurs pleurs sont des morceaux de conscience d’animaux convertis.

Il suffirait d’une ligne, d’une seule et belle ligne pour signifier sa vie et s'en affranchir, se dérouter pour toujours, ma léthargie est née de ce personnage qui n'a rien trouvé parce qu’il n’a rien cherché, rien ne lui était nécessaire, ni dieu, ni diable, voilà pourquoi je m'additionne où me soustrais sur le cirque intense de toutes les circonstances.

Se rompre pour se révéler, se tailler les veines, laisser son sang s’intercaler entre les veines du parquet, chercher ce qui était indispensable et ce qui ne l'était pas, déjà quérir une épitaphe, quelques mots subtils, quelques dévotions forcées, où se taire, se taire et n'être plus.

Lire la suite...

 

Journal 1984

 

Détour de nous-mêmes, de celui qui mentit par trois fois grossièrement et qui fut pardonné, qu’est ce qui nous attend, nous qui sommes consignés à ne plus rien saisir de ces sens, entre l’hallucination et les fumigènes, pouvons nous encore croire que nous restons à distance des hommes rien que pour en témoigner, pour nous distraire d’eux , de leurs pensées obscures, je n’y crois plus, je n’ai plus le goût de leurs façons d’être ?

Il se défie, il se défend, il feint, il est dans les leurres, il n’a que des émotions feintes, il n’est ni sage ni assagi, il geint aussi, ses paupières sont grasses, il va glisser, il glisse, il rompt, il se débine encore une fois, voilà Judas par qui le premier baiser arrive et nous quitte, et qui est un baiser d’adieu…

Il faudra bien que l’on voit les hautes vérités aller à la bouche de tous ceux qui ont été contradictoires, qui ont été des absolutistes de métier, des déclameurs pris en flagrant délit de dire des imbécillités, il faudra bien que nous nous souvenions de ces mêmes qui nous menèrent par le bout du nez pour leur en foutre une où je pense…

Entre scepticisme et mésopotamisme, de la lourdeur, une fragilité d’esprit, quelque chose qui me met sur la piste du partir. Je n’ai plus de grandes émotions, rien que de la morve dans les quiproquos, de l’austérité dans mes provocations, du négligé verbal. Y a t-il ailleurs qu’en moi une œuvre à faire et qui aille aux vaincus, à celui là même que je suis et qui ne veux plus rien commettre, et si oui, qui nommer, à quelle porte sonner, mes questions sont de celles qui vont dans les réductions ?

M’être égal et m’être tu, pas tué deux dimensions de moi, deux égos dans un seul personnage ,et Dieu que c’est compliqué, ça tourne vite à l’usure, à la pègre  humanisée, à l’intermittence d’un des deux, de celui qui se débat ou de celui qui chancelle, et puis viennent de la civilité, de la civilisation, quelque chose entre l’enchère et le troc, vivre sera toujours un résumé de ne pas être, ou si peu..

Dieu éternue, ça déplume des anges, c’est une neige sale qui va jusqu’au sol, d’ailleurs , qu’est ce qui ne l’est pas, celui ou celle qui se diversifie dans le boire, ces autres qui pissent dru, ces incertains qui tirent gloriole de faits insignifiants, je préfère marcher en regardant le sol, mes traces dans cette boue blanchâtre, je sais où je vais…

Quelle odeur a la parole quand nous fanfaronnons, celle de ces fantaisistes qui mouchent le nez à des enfants rentrant d’excursion, celle de ces psychosociorigicotroglododuculs qui se répètent en prenant le caractère hautain de ceux qui ont des précisions à faire, qui savent, doctes , professoraux comment on évite la misère de se taire, celle de ceux qui ont retriplé leur enfance en jouant dans la boue des méconnaissances, celle de nos chers parents morts trop tard et qui nous ont roué d’injures et d’opprobres, celle de ces torcheurs de fond proches de nous et qui schlinguent le livresque savoir, celui de la répétition aussi, quelle odeur a la parole, dites, quelle odeur !

Dans les parages d’exister il y a toute la barbarie du travers, des parcours, des actes faits trop vite, trop tard, trop tôt, il y a la répétition d’être et de l’oublier, l’inconfort de le savoir, des relents d’hôpital et de morgue, des frères qui s’éloignent, des aimées qui reviennent, et tout ça ,ça contribue à nous enquiquiner, voire davantage, quant à la guérison de tout ceci, elle est par là où l’on ne veut pas aller…

J’ai été conçu pour être bourré et le faire, pour une escrime sexuelle dans de beaux textes et draps, m’en défaire à la façon de ceux qui se la coulent douce ne m’intéresse pas, mon corps m’est trop intime pour le montrer ailleurs que dans les lieux où l’aimée est toujours dans une adroite idiotie et panoplie, me restent toutes ces nuits d’épargne pour aller au déraisonnable.

Je pratique la déraison comme d’autres sont dans l’embonpoint de ce vocabulaire de tribune et de tribunal, voyez ces beaux dépotoirs de la parole que sont les cours, les estrades, les sessions, les commissions en interne, les supervisions où se placent des répartisseurs de parole et qui s’engluent dans leur infect verbiage, stop, ce n’est que de l’intolérable, c’est bon pour les vioques assis sur leur banc et qui attendent que ça se passe ,et le ça là dedans, c’est vous et hélas moi…

En moi-même je ne vois rien d’autre que ce corps maladroit que j’entretiens si souvent seul pour de mauvaises fortunes, je l’ai continuellement lié au désastre, que le désastre même en est devenu un savoir. J’ai beau eu me racheter pour des filles qui sont restées sans réponse sur mon âge qui n'était dans aucun avancement, elles se sont défilées de moi, j'ai gardé les manies de cet oiseau sombre et nocturne qui a des ressorts pour sauter au-dessus des flammes.

Ma parole est laborieuse. Je m'ennuie aussi d'ennuyer le monde avec ses patiences, sa gangrène et le rire souverain de ceux qui vivent par métier, ma vertu est dans le vice, dans la panoplie des misères que je me suis octroyées, j'ai ondoyé pour ne cracher sur personne, j'ai tout sali malgré moi, je vais toujours dans une accalmie qui ne me sied pas, je ne suis ni dans le bien ni dans le bal.

Lire la suite...

 

Journal 1984

Vertu aux enchères, fourrure en  toc de top model, des cornes aussi, bijoux, fantaisie, bilans pour des concerts d'anicroches et de plaisanteries, ces femmes-là sont faites pour d'autres, moi je vais rêver à de distinctes richesses.


Microsillon, Micromégas et. Pégase sont dans la même arène, la guerre de Troie aura bien lieu dans le toril où on achève les taureaux pour  des marchands qui se détendent les yeux grands ouverts.


Elles se piquent au sol qui ne les retient pas, la lenteur est leur atout, elles pleurent parfois dans un torchon qui leur brûle les mains, elles n'explosent pas parce qu’elles  ne sont pas encensées, les voilà qui nous attendent à la sortie des cinémas, pour le nôtre.


Pline et la petite Line ont eu des évangiles entre les mains, eux aussi ont vagabondé dans l'idée d'un lointain possible, moi je reste passif et j'attends.


Mes démons sont mes délégués, je les ai nommés afin .qu’ils ne m’abordent pas quand je suis en dessous ou au dessus de moi, je suis un âne dont la piété est fondée sur la peur et l'absence de séduction.


Je n'ai jamais rencontré la fille que j'aurais voulu être, je cite ici quelques mots pour ne pas oublier ceci ou m’en délier.


C’est une course édifiante vers les institutions de la parole, et j'en ris.


Au comptoir mon père s'épanche et pleure comme un enfant à qui la vie est devenue si ordinaire qu'elle allonge ses pas et sur lesquels il ne veut pas revenir.


Dans cet hôpital il y a un silence qui ne va pas au mot, il vaudrait mieux hurler avec les chiens que de se tenir debout dans la position d'un ladre brûlant et purulent qui prie pour que Dieu lui vienne en aide.

Lire la suite...

 

Journal 1984

Ce que l'existence offre de beau, elle le reprend aussitôt, pour le déplacer là où on ne l'atteindra pas...

Ce conte se lit chronologiquement à la manière d'un manuel de bonne conduite, il verse dans la mélancolie avec de douteux personnages qui s'épient, ce qui rend complexe l'histoire, qui a proprement parler ne tient pas debout...

L'illusion du bonheur vaut le bonheur même...

Je n'exige rien, ni de moi même, ni de mes amis, et encore moins de ceux qui me traînent dans l'abus, c’est un moyen de passer inaperçu, pas vu, pas compris, double plaisir aussi de le savoir, je me tourne vers le sommeil et son étude...

Une pute canonique avec des messages et des mensonges, une cuirassée, façon totem, trop partisane, de plus elle schlingue...

Lire la suite...

 

Journal 1984


Rien ne me change dans le résumé du fond de moi, mes actions et mes accents n'ont plus d'écho, je suis dans la chienlit des bêtes qui ont hurlé, mais qui n'ont pas été entendues.

Incendiaire dont les propos font prendre garde, j'observe toutes les mystifications de ces éberlués du verbe qui entretiennent des mots pour leur donner une explication sur leur bonne conduite, bref, sur leurs saloperies.

Que viennent à moi plus blanchies à la chaux ces nuits où toutes auront leur place.

Vive l'union, les affaires personnelles, l'opération sacrificielle, de toutes celles qui ont été ointes par d'anonymes mains.

Il y a ceux qui jettent, il y a ceux qui gardent, il y a ceux qui donnent, et puis un jour tout est amplifié parce qu'il a été trop longtemps caché, moi je continuerai à ne rien vouloir conquérir.

Je continue à penser que je suis de ceux qu'on ne force pas, mes effervescences ne sont pas des devoirs, je tiens en mon propre corps des épanchements pour celle avec qui je louvoie

Lire la suite...

 
Plus d'articles...