Journal

Journal 1985

Ce que nous jugeons d’après nos propres lois, nos savoirs accumulés, nos appétits de vivre ou de mourir ne sont qu’une définition de plus d’une subjectivité qui donne à l’esprit quelque allant, quelque mouvement. J’écris par dégoût de la parole, pour quelque chose ou quelqu’un de plus haut, j’écris par paresse de dire, je chôme de ce coté ci du dialogue, je penche pour l’italique et ses écarts, pour la plume et l’encre noire, pour ce qui s’écrit en gros  caractères.

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Journal 1984


Vient le temps de l’intimité ou avec de petits mots convenables, magiques, ma fille et moi nous nous encourageons à enterrer nos lassitudes, nos débordements, il est des moments doux comme son sourire qui annoncent qu’elle portera jusqu’à l’excès cette existence si peu prometteuse.


Le ciel salive, Dieu et ses anges sont dans les salles d’eau du paradis et urinent à côté des bidets, tout me ramène au maître de ces lieux obscurs, au désordre apparent que sont l’orage ou  la chasse.


Chaque jour m’apporte plus de difficultés, moins de locution pour parodier les uns, caricaturer les autres, ah que j’aurais voulu aller aux extravagances d’être le seul à contempler ce qu’il reste de beau, de n’appartenir à aucune caste, et de  discrètement sabrer  la désobéissance de tous ces  impropres par nature, le monde moderne apparenté à la sottise m’avait pourtant prévenu bien avant ma naissance, je fréquente aujourd’hui des salons pleins d’enflures.


Comme un canard aux pattes palmées je marche dans les flaques, mes chaussures  baillent et prêchent des leçons de tiroir, le céleste jardinier sur le toit de briques joue de la pompe et du pétard, ma maison ressemble à un  temple plein d’infidèles, je dois ceci à ma fille, cette touche particulière qui fait que l’on retrouve des feutres sans capuchon dans le salon, la chambre, dans la cuisine des boîtes sans couvercle, et des tapis sans propreté.

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Journal 1984

Descente  vers cet étranger qui pour ne pas pleurer, pour ne pas tourner à l’aigre, s’irise aux noirs desseins de ne plus l’amour, hors de moi, fâcheux, fâché, toujours en guerre intérieure, et ceci depuis ma naissance, vers où me mènent mes  sinon dans  enfant conçu dans le désamour qu’on supplicie et qui ne larmoie pas.

Complètement à vide pour des bacchanales à rebours, pour des bandaisons outrancières, pour l’abscons et le revers,  je regarde des lucioles qui se sont égarées dans le jour et qui mettent à profit  qu’il leur reste de luisance, pour apprécier la clarté. Après, après tout vient doucement.


Biscottos, haricots, je me mouillerai plus dans les bistrots. Cela ne change en rien mes tâtonnements, mes éclatement, mes creux remplis de sel laiteux, celui de mes origines, de cette nauséeuse  idée du naître et de ne pas être en...

Jadis, j’ai été  curieux, j’ai ri, j’ai été heureux, mes tripes n’y étaient pour rien, rien ne mettait arracher, je dormais, je somnolais aussi, me gondolant comme après avoir dégusté le plus poignant des vins, comment comme ayant saisi la plus belle vérité.


Sexe, tu cours des après-midi vertigineux, ceux où j’aimais me planter, inquiet devant cette même qui jouait  du texte, disait la beauté du soutien-gorge, celle de la fermeture, les pressions sur le bouton, sexe, qui peut et doit comme  qu’aux enchères être élevé, qui s’est enraidi aux goûts subtils de jouir, sexe jouissant qui ne se  privait de rien bien avant les glissades et les langues entremêlées.

Et je la regardais, en regardant mes croûtes, ses longs dessins finissant sur des feuillets humides, comme toute la lumière bue, que reste-t-il pour l’atteindre sinon cette ombre sur ma mémoire et qui se déplie comme la toile d’une tente qui s’effiloche.En dehors de cette eau, que pourrait-elle lécher, que pourrait-elle la per, dans ces baissières que nos corps repliés dessinent comme  des soubassements, il y aura bien assez de limpidité pour la oindre et la déifier une nouvelle fois.


Il s’étranglera par la parole, elle lui bouffera la langue, les mots sont son ignoble panoplie, il ne recule devant aucune esbroufe pour se faire mousser, ou monétiser ses lieux communs, il garde la tête froide dans   de ce qui s’accroît en lui d’abject, comme ceux qui s’engrossent de poncifs, il faudra bien un jour que je le harangue dans le populo des trahisons.

 

Journal 1984

 

 

Cycle cinématographique, réunion de sortilèges et de thérapies, ce sont toujours les mêmes effets, les mêmes opérations de l’esprit, quelque chose entre la bandaison et l’ostentation, entre le rêve et la catastrophe, sorti de la salle le jour est reçu comme une gifle retentissante, scandaleuse, et que je ne sais pas à qui retourner.


Dans cette progression qui va du jeu à la traîtrise, combien sont hommes de métier, je cherche en apposant mes digitales un peu partout, que l’on puisse me saisir comme un voleur, et me conduire dans un intérieur  où plus rien ne m’atteindra.


Economie des sentiments, et que cette pubère qui se démarque et qui s’ébranle comme mue par la force de ses intestins n’aille pas jusqu’à moi, j’ai une douteuse pathologie.


Pour achever mon infortune je ne m’embarrasserai de personne, je jouerai du barillet comme de la breloque, un pendentif autour du cou, une grosse bagouze au doigt, pour le reste on verra.

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Journal 1984

J’ai repris mon pinceau, mes beuveries devenues inimitables, celle de l’après-midi et de la nuit, torero avachi dans le labyrinthe des idées  et des couleurs je tombe une entame et une lame à la main sur le sable foulé par les bêtes qu’on soulage d’un coup d’épée.

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