Journal

Journal 1987

Rien que du  dépit, il est inutile d'essayer de me soumettre autre chose.


Voilà des codes, des caps, des capes, des sillages,des défilés,des bûtes et des embûches,quelle plus haute désinvolture que de vivre à côté de mes pompes pourra me corriger de cette vie qui ne me laisse pas tranquille et où je m'enquiquine comme j'enquiquine tous ceux qui vivent de leurs puteries ? 


Entre la steppe et savane, entre le foutoir et le dortoir, entre le peine  et sa chimie, entre les lions qui marchent les yeux clos et les ignobles dans leur globalité et entité, entre le meurtre et la charrette à traîner, entre les torchis et la torpeur.


Comme tous les souvenirs sont des retards, des carcasses à traîner, à quoi me servent tous les efforts, dois-je encore monter sur des marches de tendresse pour donner un  baiser de Judas, où poser mon front contre la matière froide ?


Une nouvelle ivresse avec du sort et des mots de salle des ventes, et me traîner vers les chiottes après avoir tiré les rideaux afin que personne ne s'approche de moi, et me voir dans le désastre de me voir moi-même.


Inorganique, avec au dedans de fissures et des nacres grisonnantes, une pâte molle en mouvement, des accords extraits je ne sais d’où, des fausses approches, que voudrais je garder et qui vaille la peine qu'on le garde, sinon l'amour, celui qui a la forme de l'amour et rien d'autre ?


Je prends garde à ne pas rester au chaud dans le  médiocrité de la convenance, celle des tiroirs et des ouvroirs  à monticules, ceux qui vont à  la science, dans les conversations, on dirait que l’intelligence à des lèvres de vieille et de nabot, et encore une fois je ne me sers  que de l’adieu et de l’au revoir.

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Journal 1987

Engouffré , peut être dissimulé, mais avec la certitude que rien ne se retournera contre moi, ni mon chauvinisme, ni mon dilettantisme, ni cet appel perçu comme dans une distance qui s'étire et s'étire encore.


Je donne des yeux sur ce livre que m’offrit A que mon esprit à. J'y vois son désir et ses questions en suspens, toute son âme roturière en première ligne, et comme elle s’est donnée  donné du mal pour se découvrir en moi, et combien j'étais dépassé par ma propre médiocrité.

En vérité, toutes ces échardes, tous ces noeuds, cette poussière, et quel que soit les tracés qu’ils laissé en moi se confondent à mon enfance, là où j'étais encore rebelle, entre la croyance et l’encensoir, entre la glissade et la permission.


Sur tout ce que j'étends, sur tout ce que j'attendais, sur tout ce que je touche, du fossé où je dormis, de l'herbe qui garda mon passage, des visage qui me fixèrent, me firent peur, il ne me reste aujourd'hui qu’une une immense méprise, l'intention d'un survoltage et d’un veuvage voulus, suffisants pour étoiler ma mémoire et garder les signes d’une vie mal négociée.

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Journal 1987

J’aide à me refroidir, je livre à d’autres des armes qui me déchireront, je me propose à de mornes défilés où l’on verra mon corps moribond se tendre vers mes origines, je suis ce suicidé perpétuel qui jamais ne renoncera à mordre la poussière, qui voudra de frêles racines afin de se fonder dans le sol à l’ombre d’une église.


La lune comme une bague à cent balles aux doigts de la nuit, et dire qu’il ne faut pas aller plus loin pour se rappeler le théâtre, le style, les pâles constructions du jour quand tant de noirceur le fréquente.


J’emprunte d’anciens rêves à des jours plus tranquilles, j’ai soif d’être plus désolé encore pour écrire cette date là, ce retrait dans mes basses chambres, comme lorsqu’à dix ans j’étais déjà dans une mélancolie où je déplaçais le monde jusqu’à moi, pour m’y poser en taciturne avec tant d’omissions contraintes et contraires.


Je ne suis pas préparé,pas prêt,pas frais,trop fragile ,presque essoufflé,qu’on me laisse alors accueillir quelques déesses égarées qui auront du caractère pour traiter avec mes petits drames,à cette place où elles officieront comme des apothicaires qui dans leur soupente travaillent à exagérer des potions.

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Journal 1986

Croire que l'existence d'abord s'alimentera de ce qui lui nuira, ajoutez à cela l’inertie, une  lente crispation qui tend les bras, les mains, et enjoint au carême ; disposer de son corps comme d'une note, d'une notice, tout cela pour des suicides perpétuels, et pourtant vivre, avec hélas un cœur presque infaillible tant il a du futur.


La ville dort, cinq heures trente,  elle semble assommée par ceux là même qui la livrèrent à des jeux inauguraux, des filles légèrement vêtues sont aux bras de leur amant, dans des distances précipitées, puis s'éparpillent comme des papillons de nuit, la houle de leurs jambes au centre de la vie saugrenue et tout aussi fabuleuse.


Soleil de nuit et de durée avec un doigté de mécano lorsqu'il carde  un moteur. Ici il est possible  d’être quiconque, il est possible de n'être plus malade dans la lenteur obligée du sommeil où l’on rit, où l’on pleure.

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Journal 1986

Journal 86

Ma tête est impénétrable comme une pension de vieux où ces derniers secrètent encore le venin de leurs rêves incohérents. Le monde ne me destine que trop d'apparences alors que je cherche une trace, une seule qui me ramènerait à moi-même.


Désintéressé, à l'écart de toutes les devises, de tous les complots où l'on devine que le monde va entrer dans du n'importe quoi, je passe pour un crétin de faux original qui n'a jamais osé mettre les pieds sur quelque scène que ce soit.


Bientôt on pourra dire que je décroche, que le comédien sur piste ne se prononce que pour des proclamations publicitaires, que les sons promulguées hautement ne sont plus à son oreille, ce jour là il faudra que je me considère à nouveau comme libre, libre mais excédé de cette liberté.


Je retrouve ma fille dans une autre peau, dans une autre voix, elle est la plus grande part de mystère que je connaisse à ce jour, l'élan auquel se résout ma course, ma double condamnation de la trouver si belle et si lointaine à la fois, et pourtant ma seule excuse valable quand je suis tendre ou sot.

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