Journal 1986

Journal 86

Trente ans, d'où toutes les redoutes, peu bougé, pas assez ri, eu trop de craintes, homme de peu d’éloquence cherche méthode pour trouver de l'être, pour que moi et toutes mes bêtes prises dans l'esprit des flingueurs qui se déversent là où il faut.


La mémoire féroce comme une miraculée de la première heure me fait le coup du coup du j'ai mal aux comptes, du cochon pendu, ici tout se dévie, tout se divise, comment faire pour aller se mettre dans la vie avec ses débordements, non merci, je n'ai pas sa religion, pas besoin de ses génuflexions, pas besoin de cette face contre terre, ses appels au secours, même Satan à qui je dis-"Tu "a été pris en flagrant délit d'idéologie de soi.


Quand le ciel est lourd et qu'il biaise comme pour aller cliqueter sous un verre, je n'ai plus aucun message à transmettre, aucun à recevoir, les  larmes me reviennent de vieilles rancunes, de celles que j'entretiens à domicile, je les polis par cerceaux comme le corps d'une femme à qui je servirai encore, quant au mépris qu'il reste ce qu'il est, je lui préfère la méprise...

Ah, tous ces clowns emphatiques avec une âme de fonctionnaire, de flictionnaire,de frictionnaire rentrés en commission, comme ils sclinguent  de leurs seules actions,de leur emploi du ton, c'est un peu comme s'ils se mettaient à droite, toujours plus à droite, à droite de leur cœur, avec à gauche juste ce  qu'il faut de métier pour les doctrines ancestrales interposées entre un peu de retenue et un peu de grandiloquence, en fait rien de nécessaire.


Quelle que soit la plume qui tombe du ciel, elle vient toujours d'un ange qui a été abattu parce qu'il est monté trop haut.


Je hais la lumière, ses rais, ses ares de quartier qui font ma chambre lumineuse, et ceci sans mes consentements, je n'acquiesce plus que le noir, avec ses tours et ses passes, toutes aussi singulières que des prostituées qui s'enlisent dans la restitution.


De partout m’arrivent des souvenirs que je gardais pour m’endormir ; ils sont là, ils pèsent, ils sont paresseux, ils ne sont plus que les soubresauts d’une vie que je  compromets sans arrêt.


Je n'ai plus aucun moyen de leur reconnaître du bon sens, leurs chemins sont pas les miens, ce que j’emprunte ont été tracés par ce Dieu qui va droit au but et ne se moque d'aucune misère, quant aux leurs, elles sont l'œuvre dune divinité malade de trop ressembler à l'homme et à la bête qui gratte encore en eux.


L’esprit qui est au sommet officie toujours comme un dieu aux tempes grises, qui la face contre terre lance un appel  à ceux qu'il a envie de dérouiller.


Quand touchent à leur fin les mois qui se débinent comme moi lorsque je suis mal aimé, qui ne sais me mettre en avant, j'entrevois dans mes petites stratosphères, avec la mine désabusée, les reliefs de tous les édifices qui vont être construits autour de moi pour parer au grand je de l'amitié ou de l'amour.


Les rites  comme des séquences toujours recommencées d’où on tire à soi  la part des morts,la part des odeurs, la part de ces pères qui nous ont demandé de n'être que des fonctions, voire des fictions.


Immense inflorescence quand le soleil est un terme, le couchage est comme le choix le plus typique pour faire de l'homme cette espèce de singe défloré qui brandit sa queue à la  première entourloupe d'un astre qui se cuivre.


Voyages, voyages dans ma tête, celle-ci est la maison des temps modernes, une chambre noire où se développent des photographies incestueuses, celle d'un siècle qui se fige, et j'y vois encore et encore des partirs et des revenirs, ce qui se prépare naïvement les jours pourpres, pour finir en  en voyages au bout de la nuit.


Les plans succèdent aux plans, encore aujourd'hui je trace en moi des écarts supérieurs destinés à des rêves supérieurs. Je médite. Je me dis que  j'ai toujours préféré à la vie, les plates-formes du sommeil, leurs photos, quand les vierges  quinze ans avec le visage neuf et sérieux s'étonnaient du bâti de l’homme  pris sous l'angle mort de leur jeunesse incestueuse qui ne demandait qu'à être plus insidieuse encore.


Connaître la misère d'être des devenirs ne me va  plus, je n’ai plus  envie  d'équilibrer quoique ce soit, nul séjour ailleurs ne me séduit plus, avec cette mise là, être comme un Job sur un fumier de plumes.


Il semble que grâce à moi je suis devenu quelqu'un, quelqu'un d'autre en fait, entre un miroir et des mouroirs, entre un savoir une méconnaissance.


Les mots, plus on y croit, plus ils sont solides, plus  on les ordonne en définitions rocailleuses. Ainsi Pierre tu pierres sur cette pierre je ferais mon église, tient  autant de la témérité que  de la folie, de la sagesse et de la raison. À cela ajouter le cirque public du juron, du jargon quand merde signifiait merdre autant que merdre.


Les vioques sont de retour, ils pavanent, la cocarde à leurs bretelles, à leur poitrail, ça se  place bas, et ça vole plus bas encore, ça a des airs de héraut, de héros, beurk, j'y vois le grand cérémonial du bordel organisé, le plus imbécile anniversaire, quand guerre et civilisation est un  trouble perceptif de la sordide histoire.


À une vérité près  je ne leur dois rien. Je ne sais plus si je vis bien ou mal. Je suis malade de ne prononcer des mots que pour moi seul, de me visiter, d'aller en pèlerinage dans d'anciens souvenirs, dans mon propre corps. Cette comédie est une infection de mes drames, de celui qui ne peut être joué sur les planches.


Je traverse le métier d'homme avec la peur de la sagesse, avec la peur de voir couler entre mes doigts de sable qui devrait être du ciment, je suis la matière même de ce qui m'inquiète, avec une succession de gestes qui ne s'étendent en rien, et des mots qui ne portent plus.


Voilà que mon chagrin n'a plus  rien à voir avec cette serviette dans laquelle je m'épanchais, plus rien à voir avec la peinture des larmes, plus rien à voir avec les hommes, pas même le contenu d'un cerveau que les faits ont esquinté. Alors d'où me vient cette peine d'enfant administré, mal géré, si ce n'est de ces saisons  dégrossies à la loupe et qui sont en déclinaison.


La queue fait dans le trémolo de la ratatouille, c'est un peu comme un Zambèze intarissable, d'autres diront mais tu obscène, gras, ignominieux, ce n’est pas  le culte du cul qui est obscène, c'est pas mon zob qui est obscène, ce qui est obscène, c'est la vie tout simplement.


Supplique pour ne pas être enterré aux côtés de ceux que je hais.

Je m'entendais dire cela dans mon rêve « Tu rencontreras Clytemnestre et Pomone là où dort la rivière, là où  Thor et Mac Cully jouent sur les pierres les plus plates avec des pièces prises dans les étoiles du ciel. »

A la  Saint-Joseph n'en fout pas bézef, à la Saint-glinglin bourre leur le train.


Ça y est, j'ai mon antre, ma grotte, mon repaire, me voici loup, renard ou ours, ma tanière estt dans la tempête, l’oisiveté, la nauséeuse lenteur de l'histoire qui fait les bons mots et les mauvais actes.


Une fosse septique, le monde n’est  qu'une fosse sceptique, il en a d'ailleurs les propriétés, mais on peut y faire pousser des fleurs, et si le fumier se mettait à réfléchir,  serions nous sur le chemin de la connaissance, de ce qui sent l’encens ou de ce qui schlingue.


Le fleuve est sous le ciel comme une traînée bleue, avec dans ses entrailles agiles la nudité des nuages qui interceptent l'œil autant que la monotonie, tout comme  nos sens, qui sont déviés par la suite sur la couche où dormons mal.


C'est parce que Dieu dort toute la nuit, qu'il dort le jour, qu’il nous laisse à loisir le temps de merder et de merder encore.


Avant qu'il ne fasse jour, je sais déjà que j'irai dans la ville sans carquois et sans flèche, je suis le chassé plus que le chasseur, la détente plus que le fusil, et le chien plus que la chevrotine, je ne peux pénétrer dans la cité que par mes défauts,mes méfaits, paré d'orgueil,  vacant et nu comme aux premiers jours capitaux.


Au désir de ne participer à rien ,opposer   le désir de la ride, comme vieillir, veiller sur les pâles copies que nous sommes avec tous nos ans passés, l'esprit lorsqu'il se préoccupe de telles choses est si mal loti qu'on dirait un chevalier mal enhardi qui ne se sert ni de sa lance, ni de son épée, pas même son bouclier. À toutes ces nobles idées que l'on ramasse ailleurs que dans soi-même, et que l'on traîne comme de saintes lanternes qui éclairent que les chemins vie,je veux émettre à leur encontre un peu de lumière bleue,  parce que je les soupçonne d'être d'une mauvaise clarté, consacrée par  des amis sans nom qui avancent mal sur leur parcelle de netteté et de droiture, et qui conscients de  l'illusion qu'ils entretiennent choisissent d'éteindre la lampe pour s'endormir au langage où ils logent.

 
Comme elle a peur de ce gros ver qui avance  dans le sable, je lui dis"C'est que un tunnel qui se déplace", et elle comprend que ce lombric géant ne peut rien contre elle.


Lorsque je dors, c'est comme si je te n'étais pas née, dit-elle, puis elle ajoute « Demain nous irons sur les balcons d'Alsace. »


Parler par silences, en provisions de parole, par défaut de bruit pour mieux s'endormir sur les mots et les morts.


Quand tu seras vieux mon père, ma maison sera la tienne, quand tu auras les yeux plus bleus que ceux de ton père, mon père, ma maison te sera ouverte, quand tu ne pourras plus marcher et resteras assis sur le banc de ton jardin  pour entendre les oiseaux piaffer et voir l'herbe croître, mon père ma maison sera la tienne.


Train de nuit, train aux essieux rouillés, train  qui se dirige contre la nuit, et la pluie monotone comme une première communiante avec son passé, sa montre, sa robe si blanche, et que pour tard saliront des chiffonniers.


Moi, pour lui dire va au lit,je lui souffle va au loup,  Nathalie quant à elle va aux welters, comme l'indique son poids et sa taille de poseuse, c'est une starlette de quinze piges qui se signale en  s'épanchant avec son goût pour les planches et les clichés à venir.


Royaux hier encore sous un soleil ricochant sur l'eau, sur l'immense arc de l'air, nous voici dans une paix de riches comme un panneau de plusieurs kilomètres qui s'étale entre terre et ciel, puis c'est la pluie comme un coq mouillé qui annonce l'aurore qui est encore sous la rosée.


Mer plate comme une première communiantequi serait  est lourde d'un baptême un peu outrancier quand les mots ont été des décharges aussi publiques que les hommes qui s'y fixent.


L'archange la trentaine saigne de la bouche et peint des tableaux aussi poisseux que les robes paresseuses des miraculées de la trentaine.


Les peupliers comme endimanchés tombent de devant, des sapins à leurs pieds comme des curés agenouillés et qui  prient.

La vie double,un dictionnaire de rides.


Fête foraine, les adolescents butinent aux stands comme des bourdons qui clochettent de fleurs en fleurs, leurs jeux m'agacent, j'y vois le refus de s'accomplir dans  autre chose de signifiant.Les filles presque vierges cherchent à se montrer vierges, se retiennent de parler de leur abondance antérieure, et lorsqu'elles parlent, elles parlent en mal.


Gris d'innocence qui donne le tournis tant il se rapproche de la blancheur, j'ai plaisir à regarder ce qui ne collait plus, un mieux de ce soleil empâté avec ses faux modèles.


Seul je me fais mon cinéma, mon petit silence en intérieur, cibiches, alcool et petites bouffés de rêveries tendres au goût de la vacance comme si elle évoquait un vain souvenir ou mon passé indélicat.


Je n'ai rien fait de ma vie, mais au moins je l'ai bien fait 


À petits sauts de vie, ma vie va, avance, fait sa vacance, de la tanière au terrier, et moi je pue ou sent bon selon les circonstances. 


Le maire à qui je cite un bon mot Jules Renard (vous avez un beau métier, vous pouvez faire poireauter les gens) voit rouge, bondit, se met en boule, il déraisonne, tourne tout  au tragique, je fonds en excuses lui avouant  que ce mot d'esprit n'a rien d'humiliant, rien d’abaissant, et  promets de lui faire parvenir quelques notes de cet écrivain que j'ai cité.


Chaque jour je m'enseigne à mourir petitement, tragiquement, enmaré,enmarné en des idées qui n’en valent pas la peine, comme aimer ou se faire aimer, et ça contribue à ne pas me relancer, à me tendre comme un arc qui me criblera de flèches en plein centre.


Longueur du temps, mes tempes pourtant cognent, elles charrient toujours ce même sang quotidien, avec sa dénomination en globules à n’en plus finir, avec des phrases qui s'étirent comme des rails dérisoires, des déficiences et des définitions des plus sottes, et malgré tout dire, redire bonjour et au revoir à ceux qui ne l'ont jamais mérité.


Dois je prends prendre peur du verbe aimer, et retarder la bête qui est en moi au moment où le chien s'écrase sur le verbe ?


Relâchement des mœurs, comme s'il s'agissait d'une histoire de sphincters et de culs. 


Folie ordinaire double, croire qu'avec un numéro de téléphone quelqu'un au bout du fil pourra vous défaire de vos nœuds, et tout cela à des kilomètres de distance, continuez  à être les bons crétins que vous êtes, et moi je resterai à ma place sur mes propres décharges.


Je suis comme celui qui écrit loin des puanteurs et des pesanteurs de la ville, dans des à peu près, j'écris que je suis dans le doute, que je m'y suis introduit pour quelque chose qui n'a rien à voir ni avec une arrivée, ni avec un départ.

C’est une période  sombre comme lorsqu'on sort d'une église et que le temps nous apparaît si vide que même si on y rencontrait  quelqu’un,  il aurait cet air fantasmatique des lieux où se perdirent quantité de ceux que nous aimâmes et qui se s’égarèrent dans un temps que nous avons oublié.


Le passé est une conception du temps que l'on voudrait revivre une nouvelle fois, à cet exemple là, je veux ajouter mon goût pour les grandes émotions quand le boire et le dormir étaient de l'ordre des hésitations qui n'en finissaient pas, de peur de rentrer dans des saouleries.


L’abus subi c'est la forme la plus parfaite du masochisme comme idée de la croix.


La main forte et cruelle qui frappe est aussi celle qui caresse, à cette  main là ma fille pétera les doigts, la distendra, il sera question d'une ordalie ou d'une fracture, et je n'aurais qu'un cœur présent comme une lune inutile pour distiller ma fièvre et mon mécontentement.


Que dire de tous les paresseux de sentiments élevés qui préfèrent les crassiers, la chienlit du monde, sinon un grand mépris pour des mots de professionnels de la méprise.


Il y a autant de gens intelligents qui sont inutiles, que d'imbéciles qui ne le sont pas.


Quand c'est un autre qui s'éprend, c'est toujours le diable qui a négocié cette entente. C'est une question de mesure, que dire alors de toutes ces bêtes informes  et immenses qui sont sur le plateau d’une  balance.


La volupté est une espèce de plate forme qui plus elle est élevée, plus elle pousse à cette  volupté même.


J'ai  entendu dire « Il a fait une hémorragie d’interne ».


L'écriture me vaut parce qu'elle me plaît et me pèse, qu’elle est l'exemple d’une pensée  grossière qui veut évoluer, qu'elle dénature ma propre réputation, celle de ce paresseux à  domicile et qui n'approfondit que sa petite maladie comme une fausse  sérénité ou un faux entrain.


Je suis l’ouvrage commun d'un temps accordé par un dieu inconnu à une inconnue et d'une nature si peu importante que je lui réclamerais des sacrifices si je savais où la trouver.


Qu'est-ce que la vie, une simple énumération d'avis sur la vie des autres !


Je suis un pornographe de la litote, de la métaphore et de l'allégorie ou bien quelque chose comme ça. J'ai le désaccord aussi facile qu'un curé a de  la bénédiction, allez dire ceci à ceux que l'intelligence a oublié et ils vous riront au nez comme des diables déchus au seuil des dépotoirs.


Les mots sont des correspondances d'images avec toute la panoplie des odeurs, voilà la seule véritable fonction du vocabulaire outrancier.


Ma véritable identité me ferait accoucher d'incendies si je  devais la dévoiler, quelle eau, quelle encre pourrait  alors l’exprimer, la circonscrire, sinon un océan de larmes et de sueurs ?


Trop naturellement transparent lorsque je me précipite, j'agis comme ces émulsions opaques dans un têt qui effrayent les chimistes qui les manipulent.


Moins dix degrés au-dehors, il faut se couvrir, s'engoncer dans un vêtement chaud, avancer dans la neige et la boue floconneuse, un peu comme ces péniches alourdies qui ne franchiront pas un seul mètre, fut ce en brisant la glace.

 
Février tout en  sombre, on dirait un petit cigare avec un goût de caducité et d'amertume dont on voudra encore pour ses fumerolles, ses volutes, le soleil biaise, il s'annonce pour le prochain défi que feront des filles de vingt ans qui  nous montreront leurs jambes sulfureuses au sortir de leurs enclaves d’hiver.


Il y a des cons, des cons encore et toujours, qui parlent entre eux, qui se saluent, quant à moi, quant à ce corps qui fait si mal son boulot, aussi commun et con que celui de tant, j'ai bien peur qu’il ne veuille  faire un grand effort pour qu’il se  foute de leur jugement.


Et pourtant je repars, bon pied, bon oeil, je suis dans la peau d'une bête qu'un sorcier vaudou amadoue en lui faisant faire le tour de son quaternaire.


Les gens de mon quartier, acteurs fabuleux et crapuleux sur les planches en asphalte sont des princes absurdes et hallucinés à qui je ne dis jamais bonjour.


Trop rapidement passés, les jours ne me donnent pas l'occasion de panser mes anciennes blessures faites à ma face alors que j’avais un œillet rouge la boutonnière. 


Je suis un accident, un incident parcours, et quel recours ai-je, moi qui ne sais que mal marier la plume et le stylet ?


Toujours et encore se répéter, faire violence contre soi et les choses, tout cela tient-il de la nécessité, j'ai la peau qui craquelle, c'est un mal utile que j’ai et qui veut du sang, ce n'est pas que le mouvement de ma vie soit bon ou mauvais, mais il faut sans cesse recommencer,  s'installer dans un entrain, s'extraire de soi, de ses mauvaises manières, de celles d’un qui ne sera pas poursuivi dans les coursives.


Ceux qui se font appeler mes amis sans  que  cela soit moi qui les nomme, seront des serpents certains d'avoir l'assujettissement d'autres lombrics, à ceux là je ne  ferai aucune preuve de mon amour, ne donnerai aucune plante de mon potager.


Des concessions, d'accord, mais qu'elles se dissocient  des viles possessions. Je m'aperçois que les  belles phrases, promesses, baratins, ont la propriété des herbes que l'on foule après qu’on eût quitté le campement dans lequel nous passâmes la nuit. 


Remarquez vous qu'elle a vingt huit berges  et  qu'elle en est étonnée, comme si l’âge était une durée illégale contre laquelle nous ne pouvons rien , sinon lire sa  posologie, puis user du ciseau et du bistouri.


La linéarité est à la mode,  voici ce qui est linéaire, la littérature, la musique, les filles qui  s’allongent comme des nez de menteur et sur des divans de mollassons, cette linéarité qui pue l'envie, le commerce, les différents étalements ne me convient pas, je préfère rester défait ou moribond dans ma  couche et ne plus m’en soucier.


Maladroitement j’abats des couleurs trop crues sur des cahiers qui s'entassent, des rouges cardinaux, des verbes mièvres et amers ,tout  tourne autour d’une action que je ne commets pas et qui désigne mon dédain, celui des mots et des peintures qui sont comme des méthodes de mauvais enseignement.


Chaque fois que Dieu éternue, un ange perd de ses plumes, on dit alors qu'il neige.


Samedi gras et lourd, taillé sur démesure, avec les propos des pète sec de toutes espèces,qui sont sous pression, oh les malchanceux, rien d'original, en fait je m’en tape. 


Toujours dans les dégueulis des condensés de la vie, de celle qui me fait petit, qui, de celle qui m'a volontairement oublié, parce que je la salissais, parce que l’indéfinissais, parce que je la vomissais.

Le limaçon ne doit rien au  col.

Le hasard fait bien la glose.

Les grands miseurs  ne sont pas les grands faiseurs.

La fin justifie les troyens.

Il y a toujours de la soupe pour les chèvres.

Les Zorros datent l’heure.


Je dors mal, le repos est  pourtant tourné vers moi et m'a donné à voir ce qui ne va plus, j'ai l'idée de faire irruption dans le sommeil d'une autre.


Il n'y a rien de moi qui m’aille, ni ma bonne, ni ma mauvaise humeur, ni mes propres drames, ni mes distances, ni mes rapprochements, je ne suis pas dans des vêtements qui me rendent à mon image, je suis sur la mauvaise pente du mensonge et des faux messages.


Je suis ana fabulateur et qui le sait.


Me voici avec des vieilles vaches stupides qui sont aussi élémentaires qu'une pile qui se décharge, les plus vastes  et les plus courantes, elle donnent du mauvais lait avec leurs pis particulièrement gras et lourds, comme ces livres au titre singulier et qui se vendent dans les gares pour des lecteurs obnubilés par le n’importe quoi.